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Shanghai : Un nouveau paquebot pour accompagner l’essor du tourisme maritime

La Chine poursuit son développement dans le secteur de la construction navale avec la sortie d’un nouveau navire de croisière. À Shanghai, le deuxième paquebot construit localement a quitté son quai, amorçant une phase décisive avant sa mise en service. Ce départ, effectué sous la supervision des équipes techniques, intervient dans un contexte où le pays cherche à renforcer sa présence sur le marché du tourisme maritime.

Le navire, baptisé Adora Flora City, a été extrait lentement de son bassin de construction grâce à l’intervention de plusieurs remorqueurs. L’opération s’est déroulée dans les installations de Shanghai Waigaoqiao Shipbuilding, une filiale du groupe public China State Shipbuilding Corporation. Cette étape correspond au passage vers les essais et les derniers ajustements techniques avant livraison.

Une phase finale avant la mise à l’eau
Avec sa sortie du chantier principal, le paquebot entre désormais dans une nouvelle séquence de préparation. Les équipes chargées du projet vont poursuivre l’installation des équipements intérieurs et finaliser les systèmes techniques afin de rendre le navire pleinement opérationnel d’ici la fin de l’année. Selon l’opérateur Adora Cruises, la mise en service du bâtiment devrait s’accompagner d’une montée en cadence des travaux d’aménagement. Cabines, espaces de loisirs et infrastructures de restauration figurent parmi les éléments en cours de finalisation. Une fois livré, le navire assurera des liaisons internationales au départ du port de Nansha, situé à Guangzhou, dans le sud du pays. Ce positionnement confirme la volonté des autorités et des industriels de s’implanter davantage sur le marché des croisières, encore largement dominé par des groupes européens et nord-américains. Cette nouvelle étape intervient après la mise en service du premier navire de croisière construit en Chine.

En 2024, le Adora Magic City avait quitté le port de Shanghai pour son voyage inaugural. Long de plus de 300 mètres et doté de 16 ponts, ce bâtiment avait alors suscité une attention particulière.
Pour sa première traversée, le paquebot avait mis le cap sur la Corée du Sud et le Japon. Conçu pour répondre aux attentes d’une clientèle chinoise en expansion, il intégrait des aménagements spécifiques, tels qu’un espace dédié au mahjong ou encore des restaurants adaptés aux habitudes culinaires locales. La réalisation de ce premier navire avait toutefois connu des retards, notamment en raison de la pandémie de Covid-19. Malgré ces contraintes, sa mise à l’eau avait confirmé les capacités de l’industrie chinoise à se positionner sur des segments plus complexes. En l’espace de quelques décennies, la Chine a profondément transformé son industrie navale. Partie d’une production centrée sur des navires standards, elle s’est progressivement orientée vers des constructions plus sophistiquées. Aujourd’hui, le pays occupe une place importante sur le marché mondial, avec une part estimée à plus de la moitié des commandes. Cette progression repose sur des investissements soutenus, une organisation industrielle structurée et une main-d’œuvre abondante. Les chantiers navals, répartis le long des grands axes fluviaux et maritimes, fonctionnent à un rythme soutenu.

À Nantong, ville industrielle située au nord de Shanghai, les ouvriers participent quotidiennement à cette activité intense. Dans les chantiers, cargos, pétroliers et méthaniers prennent forme sous l’effet d’un travail continu. Les pauses restent brèves, souvent consacrées à un repas rapide avant la reprise des opérations. La production navale chinoise repose sur une organisation minutieuse. Les différentes étapes de construction sont réparties entre plusieurs équipes, permettant d’accélérer le processus. Certains observateurs évoquent des délais particulièrement courts pour des structures de grande taille. Cette capacité d’exécution constitue un atout pour les industriels chinois, qui peuvent répondre à une demande internationale en constante évolution. Elle permet également de réduire les coûts de production et de proposer des offres compétitives sur le marché mondial. Dans les ateliers, les ouvriers travaillent sur des segments de coque, assemblés ensuite en modules. Cette méthode facilite la construction de navires de grande dimension et contribue à optimiser les délais.

Un positionnement sur les navires à forte valeur ajoutée
Avec la construction de paquebots de croisière, la Chine cherche à renforcer sa présence sur des segments à forte valeur ajoutée. Ces navires nécessitent des compétences techniques plus poussées, notamment en matière de conception, d’ingénierie et d’aménagement intérieur. Le développement de ce type de projets témoigne d’une évolution du secteur, qui ne se limite plus aux navires de transport. Les croisières représentent un marché en expansion, porté par la croissance des classes moyennes et l’intérêt croissant pour les voyages internationaux. Les autorités chinoises encouragent cette diversification, considérant le tourisme maritime comme un levier de développement économique. Le lancement du Adora Flora City s’inscrit dans cette dynamique. En opérant depuis Guangzhou, le navire vise une clientèle régionale et internationale. Les itinéraires envisagés devraient inclure plusieurs destinations en Asie, notamment en Asie du Nord-Est et en Asie du Sud-Est. Ce positionnement permet à la Chine de développer une offre adaptée à ses propres ressortissants, tout en attirant une clientèle étrangère. Les compagnies de croisière locales cherchent ainsi à se faire une place sur un marché encore dominé par des opérateurs historiques.

Il s’agit aussi de renforcer son influence économique et de soutenir le développement de nouveaux secteurs liés au tourisme et aux services.
La Chine poursuit une stratégie de long terme dans la construction navale. Les investissements se poursuivent dans les infrastructures, la formation et la recherche. L’objectif consiste à renforcer les capacités industrielles et à améliorer la qualité des constructions. Les projets de navires de croisière illustrent cette volonté d’élargir les compétences et de diversifier les activités. Dans ce contexte, le départ du Adora Flora City de son quai à Shanghai constitue une étape supplémentaire dans le développement du secteur. Il témoigne de la progression d’une industrie qui, en quelques décennies, s’est imposée comme un acteur majeur sur la scène internationale. L’essor de la construction navale chinoise est suivi de près par les autres acteurs du secteur. Les industriels européens, longtemps en position dominante sur les navires de croisière, observent cette montée en puissance avec attention. La concurrence pourrait s’intensifier dans les années à venir, à mesure que la Chine consolide ses capacités techniques et développe ses propres standards. Pour Pékin, l’enjeu dépasse la seule dimension industrielle. Il s’agit aussi de renforcer son influence économique et de soutenir le développement de nouveaux secteurs liés au tourisme et aux services.

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