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USA : Une nouvelle salve politique depuis Washington contre la Somalie et l’Afrique du Sud


Le ton employé par Donald Trump à propos des réfugiés somaliens n’a pas surpris les observateurs familiers de sa communication. Mais ses mots récents ont donné l’impression d’un durcissement supplémentaire. Quelques jours après une attaque contre deux soldats de la Garde nationale à Washington, le président américain a repris du service avec ses discours offensifs. Il menace, dénonce et promet d’agir fermement.

Le Minnesota, qui accueille depuis des décennies une importante diaspora somalienne, a été le premier visé. L’administration Trump a annoncé la suspension du statut protecteur accordé à ces résidents depuis les années 1990, statut qui permettait de vivre légalement aux États-Unis en raison de l’instabilité prolongée en Somalie. Cette mesure, déjà envisagée auparavant, a été réactivée dans un contexte politique où l’immigration demeure l’un des thèmes de mobilisation privilégiés de Donald Trump. Lors d’un discours prononcé dimanche, il s’est lancé dans une charge particulièrement sévère contre Mogadiscio et ses ressortissants. Il a décrit la Somalie comme un pays incapable de maintenir une administration stable, confronté à des groupes armés et à un climat de violence chronique. Selon lui, les personnes venant de pays considérés comme « instables » profitaient de l’accueil américain tout en exprimant des critiques envers les autorités de Washington. Une déclaration jugée dégradante par plusieurs élus démocrates et associations de défense des droits civiques.

L’Amérique révise les cartes vertes et renforce les contrôles
L’administration Trump a ordonné un réexamen approfondi des cartes vertes et des demandes d’asile déposées par les ressortissants de pays classés sensibles. Plus de 50 millions d’habitants nés à l’étranger seraient concernés, dont quelque 20 millions déjà naturalisés américains. Donald Trump est même allé jusqu’à évoquer la possibilité de retirer la citoyenneté à certaines personnes, même s’il a reconnu ne pas être certain de détenir ce pouvoir constitutionnel. Parallèlement, les procédures concernant les ressortissants afghans ont été suspendues. Le permis qui ouvrait la voie à la résidence permanente n’est plus délivré, dans l’attente d’un réexamen complet. Au total, dix-neuf nationalités sont touchées par ces directives, dont celles d’Afghanistan, d’Iran, de Somalie, du Soudan, du Yémen ou encore du Venezuela. L’échéance fixée à la mi-janvier devra préciser la décision finale concernant la protection juridique accordée aux Somaliens établis sur le territoire américain. Cette politique crée un climat d’incertitude dans de nombreuses communautés immigrées, déjà inquietées par les discours successifs de Donald Trump depuis plusieurs mois. Certaines organisations somaliennes des États-Unis affirment redouter une hausse des expulsions et une pression administrative encore plus forte, notamment dans les États où la présence de la diaspora est très visible.

Afrique du Sud : Ramaphosa réagit à la menace d’exclusion du G20
Les propos américains ont aussi trouvé un écho inattendu sur le continent africain, où une autre polémique s’est développée autour de la participation de l’Afrique du Sud au G20. Donald Trump a récemment menacé d’exclure Pretoria de l’édition prévue aux États-Unis, invoquant des accusations déjà brandies par certains groupes conservateurs américains, notamment autour de soi-disant violences ciblées contre les Afrikaners et d’un supposé programme de confiscation des terres détenues par des Blancs. Cyril Ramaphosa a répondu avec fermeté. Selon le président sud-africain, ces déclarations reposent sur une série d’affirmations sans fondement, relayées par une campagne de désinformation active tant en Afrique du Sud qu’aux États-Unis. Il a rappelé que son pays compte parmi les membres fondateurs du G20 et participe de manière continue aux travaux du groupe depuis sa création. Ramaphosa a également noté que la coopération économique entre Pretoria et Washington ne s’est nullement interrompue malgré les tensions politiques.

Plusieurs entreprises américaines étaient d’ailleurs présentes lors du sommet tenu à Johannesburg les 22 et 23 novembre. Pour lui, les discours agités par Donald Trump ne reflètent pas l’ensemble de la relation bilatérale, même si leur portée diplomatique ne peut être ignorée.
Le différend autour du G20 précise l’état fluctuant des relations entre Washington et Pretoria. L’absence américaine au sommet de Johannesburg avait déjà créé un malaise perceptible. Donald Trump avait alors repris ses accusations d’un traitement discriminatoire envers la minorité blanche en Afrique du Sud, des allégations déjà largement contestées par des organismes indépendants. Pour les autorités sud-africaines, ces accusations représentent non seulement un risque pour l’image du pays, mais aussi pour ses intérêts économiques. Ramaphosa l’a dit sans détour : les campagnes de désinformation portent atteinte aux secteurs qui dépendent des investissements étrangers et menacent des emplois locaux. Elles peuvent également peser sur la coopération stratégique avec un partenaire économique majeur. Dans ce climat tendu, les déclarations du président sud-africain se veulent autant une mise au point diplomatique qu’une tentative d’éviter une dégradation prolongée. Pretoria entend maintenir ses relations au sein du G20 et continuer à exercer son rôle dans les dossiers économiques internationaux, tout en observant attentivement l’évolution du discours politique américain.

 

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