
Direction la Côte d’Ivoire ou s’est clôturé le Femua au petit matin, ce lundi 4 mai 2026. Après les grands concerts à Abidjan, c’est une tradition, le festival des musiques urbaines d’Anoumabo s’est « délocalisé » dimanche. Et pour cette 18e édition, c’est la ville de Dimbokro qui a été sélectionnée. Retour sur cette nuit de fête.
Chauffé comme jamais par l’ambianceur Kedjevara, l’immense foule de « la cité du bonheur partagé et du soleil radieux » a transformé cette ultime soirée du Femua 18 en une immense fête populaire. « Franchement, ce n’est pas facile avec les problèmes, les crises dans le monde, en Afrique et au Moyen-Orient. Il faut des artistes quand même qui arrivent un tant soit peu à te faire oublier tes soucis. »
Plaisir et bonheur
Enfant du Femua, un certain Alpha Diallo, Black M, a pris le train du plaisir et du bonheur de Dimbokro en marche. « Vu que le monde va mal, on manque d’amour. Dans ces moments-là comme le Femua, il y a comme on dit “y’a pas son deux”. Ça veut dire que ça n’a pas d’égal. Ma musique sert à ça, ça sert à faire voyager, à oublier les problèmes, à rêver. »
« L’amour est le socle »
Bête de scène, accompagné par des musiciens déments, le génie de Kpalèzo, Meiway a transcendé le public, déjà déchaîné. Pour une soirée d’anthologie devenu mythique et mystique. « L’amour est le socle. Quand on arrive sur scène, c’est pour communier, c’est pour transmettre, c’est pour échanger, c’est pour partager avec notre public ».
Femua : une grande caravane musicale à Dimbokro
Délocaliser la caravane du Femua à Dimbokro est un signal fort. L’ancienne capitale du cacao peine en effet à retrouver son lustre et son activité d’antan. Pour le maire de la ville, par ailleurs ministre des Finances, Adama Coulibaly, la venue du festival est une occasion unique de faire rayonner le territoire : « Votre présence ici constitue pour nous un honneur. Vous savez, la dynamique de communication qui entoure le Femua. Il en a profité grandement. Dimbokro, je dirais, est sur le radar culturel international. »
Depuis un mois, la « cité du bonheur partagé et du soleil radieux » se prépare à accueillir l’événement. Les équipes du Femua ont encadré la mobilisation de toute la société civile, associations et habitants réunis, pour que la fête soit à la hauteur de ce rendez-vous musical.
Dimbokro, ancienne capitale du cacao, en quête de renouveau culturel
Pour la chefferie coutumière, cette délocalisation est une véritable fierté. Son porte-parole, Nana Katiô, insiste sur la portée symbolique de ce moment pour la ville et sa jeunesse : « La culture rime avec la traduction du mot subit. Une métamorphose positive. Tout ça, là, il y va du dynamisme et la compétence de nos enfants de Dimbokro. Aujourd’hui, c’est le jour de l’apothéose. »
Au-delà du symbole territorial, le déplacement du Femua s’accompagne d’une réelle ambition artistique avec, notamment, des concerts prometteurs comme ceux de Didi B, Roselyne Layo et Meiway. À Dimbokro, le Femua devient ainsi bien plus qu’un festival : un outil de visibilité, de fierté et de renaissance culturelle pour cette ville du centre de la Côte d’Ivoire.



