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24 à Dabou, 85 à Abidjan : les premiers procès des manifestants du 11 octobre débutent

Les premiers procès des personnes interpellées lors des manifestations interdites du 11 octobre ont commencé à Abidjan et Dabou, alors que l’opposition maintient la pression à quelques jours de la présidentielle.

Plusieurs personnes arrêtées lors des manifestations organisées par le Front commun le 11 octobre ont commencé à être jugées ce jeudi 16 octobre, a appris Linfodrome auprès de sources judiciaires.

24 à Dabou, 85 à Abidjan
Selon Me Jean-Chrysostome Blessy, Secrétaire exécutif du PDCI-RDA chargé des questions judiciaires et avocat du parti, « la machine judiciaire se met en place concernant les personnes interpellées le 11 octobre 2025. Ce jour, 24 de nos frères seront jugés par le Tribunal correctionnel de Dabou tandis que 85 autres comparaîtront devant le tribunal d’Abidjan. Il s’agit d’une procédure de flagrant délit ».

Me Blessy a également précisé que les personnes concernées bénéficient de l’assistance d’avocats de la Veille Juridique, rejoints par d’autres professionnels volontaires.

« Puisse l’esprit de justice et d’indépendance animer nos juges dans ce combat pour la Côte d’Ivoire », a-t-il ajouté.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de forte polarisation politique à quelques jours de la présidentielle. Le 11 octobre, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dont les leaders n’ont pas été retenus pour la présidentielle, avaient appelé à une marche à Cocody, dans la commune résidentielle d’Abidjan.

La manifestation avait été interdite par les autorités. Selon le ministère de l’Intérieur, 237 personnes ont été interpellées à Abidjan et 18 autres à Dabou, située à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique.

Malgré la répression, la contestation n’a pas faibli. Dans les jours qui ont suivi, notamment les 13 et 14 octobre, des mouvements de protestation ont été signalés dans plusieurs localités du pays, sous forme de manifestations, de blocages de routes ou de fermetures d’écoles. Ces événements ont été particulièrement notables dans des zones historiquement acquises à l’opposition.

Amnesty veut leur libération
Le PPA-CI a dénoncé mercredi 15 octobre « la mort de deux personnes, dont un bébé », ainsi qu’« une trentaine de blessés » et plus de 700 interpellations à la suite de la répression des manifestations pacifiques. Le parti a appelé à la « responsabilité des autorités » et à la « protection des droits fondamentaux » des citoyens.

Le Front commun a déjà annoncé une nouvelle mobilisation pour le 18 octobre, soit une semaine avant le scrutin présidentiel prévu dans le pays. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles autorisations ou interdictions pour cette prochaine manifestation.

Mais, Amnesty International a appelé ce jeudi les autorités ivoiriennes à cesser la répression des manifestations pacifiques et à garantir le respect du droit de réunion à quelques jours de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre. L’organisation de défense des droits humains dénonce des interdictions jugées arbitraires et des arrestations massives intervenues lors de récentes mobilisations de l’opposition.

« Toute personne détenue pour le simple fait d’avoir exercé pacifiquement ses droits humains doit être libérée immédiatement », a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

 

 

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