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4e mandat d’Alassane Ouattara: Tidjane Thiam dénonce « une mauvaise surprise »

Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, a vivement déclaré, samedi 18 octobre 2025 à Paris, la candidature du président sortant Alassane Ouattara à un quatrième mandat, qualifiant cette décision de « mauvaise surprise ».

« Le 4e mandat est une mauvaise surprise, et nous n’aimons pas les mauvaises surprises dans un pays où nous sommes autorisés à ne faire que deux mandats », a lancé M. Thiam, sous les applaudissements d’un public composé de membres de la diaspora ivoirienne et de militants du Front commun .

Contexte tendu
La manifestation, organisée à Paris, a réuni plusieurs figures de l’opposition ivoirienne en exil. Elle intervient, faut-il le souligner, dans un contexte de vives tensions à Abidjan, à moins de dix jours de l’élection présidentielle du 25 octobre. Depuis la validation de la candidature du chef de l’État par le Conseil constitutionnel, la contestation s’intensifie dans le pays.

Plusieurs partis d’opposition, dont le PDCI-RDA, la plateforme Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro, le Front populaire ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’Guessan et le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, dénoncent une violation « flagrante » de la Constitution .

Ils affirment que M. Ouattara, au pouvoir depuis 2011, ne peut briguer un nouveau mandat après ses deux victoires en 2015 et 2020. Le samedi 11 octobre dernier, une marche du Front commun organisé pour dire non à un nouveau mandat du président Alassane Ouattara et réclamer plus de transparence et d’inclusivité dans la conduite du processus électoral a été violemment dispersée par les forces de l’ordre. Des centaines de manifestants ont été interpellés et condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement.

Voilà des gens en Côte d’Ivoire qui ont construit leur pouvoir sur deux choses : la peur et l’argent. Des gens ont été condamnés à 36 mois de prison hier pour avoir manifesté pacifiquement pauvrement à Abidjan.
Depuis le vendredi 17, un arrêté interministériel interdit également toutes les manifestations ou réunions sur la voie publique, à l’exception de ceux organisés par les candidats engagés dans la course à la présidentielle, et ce pour une durée de deux mois.

Un climat d’intimidation
Pour l’ancien banquier international, cette situation se traduit par « un climat d’intimidation » et « une confiscation du débat démocratique ». Il a assuré que, s’il accédait à la magistrature suprême, il œuvrerait pour une « réconciliation réelle » entre les Ivoiriens. « Moi, je peux vous dire, quand je serai président – ​​​​parce que je serai président – ​​​​nous saurons nous retrouver », a-t-il affirmé, promettant de restaurer « la liberté et la dignité du peuple ivoirien ».

Tidjane Thiam a également plaidé pour une démocratie apaisée, loin des violences électorales qui ont marqué les examens précédents. « Nous ne sommes pas des sauvages. Nous pouvons avoir une démocratie où tous les candidats s’affrontent et où le meilleur gagne », a t-il déclaré, appelant les autorités à garantir la liberté d’expression et le droit de manifester. À Paris, Tidjane Thiam a promis de « poursuivre la mobilisation » jusqu’au contrôle, exhortant les Ivoiriens à « défendre leur Constitution et leur avenir ».

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