05032026Headline:

Adama Diawara exhorte les « Ziguéhis RHDP » à veiller à la tranquillité des cités universitaires

À l’issue d’une rencontre avec le « Rassemblement des Ziguéhis RHDP », Adama Diawara, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a exhorté ce groupe à “veiller à la tranquillité des cités universitaires”.

« Ce lundi 18 août 2025, j’ai rencontré à Williamsville le « Rassemblement des Ziguéhis RHDP ». Ces derniers se retient eux-mêmes par l’expression suivante : « Nous ne sommes pas des loubards, mais nous n’aimons pas le désordre », a posté le ministre sur ses réseaux sociaux.

À l’issue de la rencontre, il a indiqué les avoir félicités pour leur non-implication dans les troubles universitaires liés à la crise de la FESCI, avant de les inviter à « contribuer à la tranquillité des campus ».

Le ministre a également affirmé avoir exhorté ses hôtes du jour à soutenir les candidats du RHDP lors de la présidentielle d’octobre et des législatives de décembre 2025, « et à contribuer au maintien de la paix pendant tous les processus électoraux ».

Une inquiétude majeure
Si, dans la forme, le discours se présente comme un appel à la stabilité, le fond soulève de vives inquiétudes. En effet, solliciter des « Ziguéhis », terme historiquement associé aux bandes de rue et à la violence urbaine, pour sécuriser les cités universitaires, apparaît comme une dérive préoccupante. Cela donne l’impression d’un recours à des milices parallèles pour contrôler l’espace académique, un rôle qui devrait revenir exclusivement aux forces républicaines de police et de gendarmerie.

Au-delà de l’image négative renvoyée par l’État, une telle démarche crée un précédent dangereux : elle tend à normaliser l’ingérence de groupes informels dans les espaces universitaires et dans la sécurisation du processus électoral. Avec, à la clé, des risques évidents d’intimidation, de violences ciblées et de récupération politique.

Le spectre du passé
L’histoire récente de la Côte d’Ivoire montre à quel point l’instrumentalisation de la jeunesse marginalisée a souvent servi d’outil de pression électorale, avec des conséquences dramatiques. La crise post-électorale de 2010 a fait environ 3 000 morts, selon un bilan officiel de l’ONU, tandis que celle de 2020 a causé au moins 85 morts et plus de 500 blessés, selon les autorités ivoiriennes.

Plutôt que de renforcer la confiance, une telle stratégie risque d’exposer le pays à de nouvelles turbulences, là où seule une approche républicaine et institutionnelle de la sécurité pourrait garantir une paix durable.
À deux mois de la présidentielle d’octobre 2025, dans un climat socio-politique déjà tendu en raison des divergences persistantes entre pouvoir et opposition sur la question de l’éligibilité de plusieurs figures majeures, l’idée d’impliquer des « loubards » dans le maintien de l’ordre universitaire et électoral interroge.

Plutôt que de renforcer la confiance, une telle stratégie risque d’exposer le pays à de nouvelles turbulences, là où seule une approche républicaine et institutionnelle de la sécurité pourrait garantir une paix durable.

 

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