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Affaire “élection inclusive” : Ce que Mamadou Touré a dit à Leonardo Santos Simão (ONU)

Le ministre révèle avoir évoqué l’inclusivité du scrutin présidentiel d’octobre prochain lors de sa rencontre avec le représentant spécial de l’ONU. Seuls les candidats remplissant les conditions légales concourront, a réaffirmé Mamadou Touré, à cette occasion.

Le ministre et porte-parole adjoint du gouvernement, Mamadou Touré, a laissé entendre samedi 20 septembre à Daloa que sa rencontre la veille avec Leonardo Santos Simão, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, avait porté sur l’inclusivité du scrutin présidentiel prévu le 25 octobre et sur la manière de garantir la paix électorale.

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Le vendredi 19 septembre, Mamadou Touré avait annoncé avoir reçu à son cabinet M. Simão, précisant que leurs discussions avaient également porté sur la situation socio-politique du pays et le rôle des jeunes dans le processus électoral, qu’il a qualifiées d’« échanges fructueux ».

“Ceux qui remplissent les conditions”
Le lendemain, lors d’une rencontre publique à Daloa, le ministre a rappelé que sur soixante dossiers déposés pour la présidentielle, seuls cinq avaient été retenus, et que certains partis majeurs, comme le PPA-CI et le PDCI-RDA, avaient été écartés.

Il a reconnu que certains observateurs estiment que la paix électorale ne pourrait être garantie que si tous les candidats étaient autorisés à concourir, citant implicitement des figures comme Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam ou Pascal Affi N’Guessan.

« Hier encore, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies était à mon bureau et nous avons discuté de ces questions », a précisé Mamadou Touré.
« Ce que je lui ai dit, et que je souhaite partager avec vous, c’est ceci : oui, idéalement, dans une élection, tous ceux qui remplissent les conditions doivent pouvoir compétir », a-t-il ajouté, en rappelant que ce principe s’applique partout dans le monde, même pour des postes locaux comme celui de chef de village.

Une “grosse escroquerie morale”
Déjà présent en avril pour deux jours de rencontres, Leonardo Santos Simão mène, depuis le 18 septembre, une série de consultations avec les leaders politiques ivoiriens. Reçu jeudi par Alassane Ouattara, il a ensuite rencontré Pascal Affi N’Guessan, ainsi que Laurent et Simone Gbagbo samedi.

La déclaration de Mamadou Touré intervient dans un contexte où pouvoir et opposition se disputent l’interprétation de la visite de M. Simão. Le gouvernement affirme que l’organisation internationale approuve le processus actuel et souhaite accompagner les élections dans ce format, tandis que l’opposition soutient que l’ONU pousserait pour un scrutin inclusif, permettant aux recalés de participer.

Devant ses partisans à Daloa, Mamadou Touré a qualifié de « grosse escroquerie morale » l’idée selon laquelle tous les candidats devraient automatiquement être autorisés à concourir pour garantir la paix, affirmant que sa position et celle du gouvernement restent inchangées malgré la discussion avec l’ONU.

Cependant, selon un sondage mené par le cabinet américain The Messina Group entre le 13 août et le 3 septembre, la majorité des électeurs ivoiriens souhaite la participation des principaux recalés. Les résultats montrent que 66 % des électeurs d’Alassane Ouattara souhaitent que Tidjane Thiam figure sur la liste électorale, et 55 % se prononcent en faveur de Laurent Gbagbo. D’autres figures recalées recueillent également un soutien significatif : 59 % pour Charles Blé Goudé et 56 % pour Guillaume Soro.

 

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