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Alassane Ouattara, l’architecte qui veut bâtir « Une grande Côte d’Ivoire »

…L’État travaille pour vous, la Côte d’Ivoire avance, la Côte d’Ivoire gagne…Des slogans de rupture brandis vigoureusement par les partisans d’Alassane Ouattara. Le « Grand vizir » du parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour le développement et la paix (RHDP), est candidat à sa propre succession pour l’élection du Président de la République, prévue le 25 octobre 2025. L’octogénaire s’attend au plébiscite à travers son programme politique « Pour une grande Côte d’Ivoire ».

Depuis son entrée en politique en 1990, le Président Alassane Ouattara n’a cessé d’inspirer des millions d’Ivoiriens. En 2010, à la faveur de la campagne, il s’est imposé à toute la Côte d’Ivoire comme la « solution », car il portait les solutions pour le pays, pour les familles et pour chaque citoyen. Entre 2011 et 2015, deux axes stratégiques ont guidé son action : • La Côte d’Ivoire rassemblée, qui a mis l’accent sur la pacification, la réunification du pays, le redéploiement de l’administration, la liberté de circulation, la restauration des institutions et le retour des déplacés. • La Côte d’Ivoire rayonnante, qui a valorisé les performances économiques, les infrastructures sociales et économiques ainsi que le rayonnement diplomatique.

Alassane Ouattara 2025 : Stratégie pour une « Grande Côte d’Ivoire »

La stratégie de communication du candidat Alassane Ouattara (RHDP) pour l’élection présidentielle de 2025 s’articule autour d’un objectif central : bâtir « Une Grande Côte d’Ivoire ». Cette ambition se décline selon trois enjeux majeurs : la consolidation de la paix et de la cohésion sociale, la participation citoyenne, et la poursuite du développement et d’une croissance inclusive. La campagne puise sa force dans un récit construit sur quinze ans, une rareté dans le paysage politique où une même équipe accompagne un candidat sur quatre scrutins successifs.

Ce récit cohérent a évolué au fil des mandats, avec des signatures emblématiques : « Les Solutions » en 2010, « Avec ADO » en 2015, « Le Meilleur » en 2020, et aujourd’hui « Pour un Grand Pays ». L’efficacité perçue du leadership d’Ouattara a servi à rassurer et à mobiliser l’électorat. En 2020, la campagne a présenté le président comme le seul capable de préserver les acquis et de poursuivre la transformation du pays, un message résumé par : « Il est le meilleur pour offrir à chaque Ivoirien le meilleur ».

2025 : L’ambition d’une Grande Nation

Pour la présidentielle de 2025, la campagne s’appuie sur ce qui est présenté comme « la grandeur de l’œuvre », un concept attribué à feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Cette grandeur repose sur trois piliers fondateurs : un grand homme (la stature d’Alassane Ouattara), un grand bilan (les réalisations tangibles de la décennie écoulée), et un grand parti (la force du RHDP). La plateforme électorale se décline en deux axes principaux. « ADO, pour une grande Nation » met en avant l’ambition sociale, humaine et citoyenne.

« ADO, pour une grande Côte d’Ivoire » valorise les réalisations concrètes et les ambitions de développement futures.

Un acteur clé de cette communication est la Première Dame, Dominique Ouattara, décrite comme la « directrice artistique » de la campagne. Elle valide l’ensemble des visuels et particulièrement les photographies du président, garantissant une qualité et une cohérence esthétique aux supports de communication. Cette stratégie vise à transformer un bilan de gouvernance en un héritage historique, positionnant Alassane Ouattara non seulement comme un candidat, mais comme le bâtisseur d’une Côte d’Ivoire moderne et ambitieuse.

Le programme ADO 2025 : Vision pour une Côte d’Ivoire ambitieuse et solidaire

Alassane Ouattara présente sa feuille de route pour la prochaine mandature à travers six piliers stratégiques. À l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, le président Alassane Ouattara dévoile son programme de gouvernance intitulé « Pour une grande Côte d’Ivoire ambitieuse et solidaire ». Ce document de 64 pages présente une vision stratégique articulée autour de six piliers fondamentaux pour poursuivre la transformation du pays. Dans son édito, le chef de l’État rappelle le chemin parcouru depuis 2011 : « La Côte d’Ivoire s’est relevée, elle s’est reconstruite, et elle avance résolument sur le chemin de la transformation économique et sociale ». Il y souligne les avancées en matière de paix, de sécurité et de développement tout en reconnaissant les défis persistants.

Les fondements : Paix et capital humain

Le premier pilier du programme appuie la consolidation de la paix et de la sécurité. Le projet prévoit le renforcement du dialogue communautaire, la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’alerte précoce et le développement des capacités de défense. L’objectif est de porter l’Indice National de Solidarité et de Cohésion Sociale de 58% en 2023 à 65% d’ici 2030. Le deuxième pilier, consacré au capital humain, présente des ambitions éducatives majeures.

Parmi les mesures phares : la formation de 50 000 ingénieurs, techniciens et chercheurs, la digitalisation de 50% des cours au collège et lycée, et l’orientation de 60% des étudiants vers les filières techniques et scientifiques. Le programme « Excellence 1000 » offrira des bourses aux meilleurs étudiants pour des formations à l’étranger. La santé bénéficiera d’un recrutement massif de personnel médical : 44 330 infirmiers, 22 647 sages-femmes et 2 971 médecins. La Couverture Maladie Universelle devrait atteindre 80% de la population, tandis que la proportion de personnes vivant à moins de 5 km d’un établissement de santé passera de 82% à 90%.

Infrastructures et transformation économique

Le troisième pilier concerne le développement des infrastructures stratégiques. Des projets structurants sont annoncés, dont l’achèvement de la ligne 1 du métro d’Abidjan (37 km) et le lancement d’un Train à Grande Vitesse (TGV) reliant Abidjan à Bouaké via Yamoussoukro. Le programme prévoit également la construction de la ligne ferroviaire San-Pédro – Man – Odienné – Frontière Mali et l’accélération de la construction du port sec de Ferkessédougou.

Dans le domaine numérique, l’ambition est d’atteindre une couverture nationale 4G de 100% d’ici 2030 (contre 65% en 2024) et de déployer la 5G sur l’ensemble du territoire.

Trois Data Centers nationaux et quatre infrastructures cloud souveraines seront construits pour assurer la souveraineté des données. L’agriculture, quatrième pilier, sera modernisée à travers la mécanisation, l’irrigation et la transformation locale. Cinq grands pôles agro-industriels régionaux seront créés à Bouaké, Korhogo, San Pedro, Daloa et Bondoukou. L’objectif est d’atteindre un taux de transformation locale de 50% pour le cacao, 70% pour l’anacarde et 100% pour l’hévéa à l’horizon 2030.

Industrialisation et gouvernance

Le cinquième pilier vise l’industrialisation et la promotion de l’investissement privé. Le programme annonce la révision du Code minier de 2014 pour accroître la production : l’or devrait passer de 59,12 tonnes en 2024 à 69 tonnes en 2030, le manganèse de 1,17 million à 1,67 million de tonnes. La capacité de production énergétique installée sera portée de 3 019 MW à plus de 5 000 MW. La gouvernance, sixième pilier, poursuivra sa modernisation avec la digitalisation complète des services publics et l’instauration de contrats de performance dans la haute administration.

Le taux de pression fiscale devrait passer de 15% du PIB en 2025 à 18% en 2030. Ce programme s’inscrit dans la continuité du mandat actuel, tout en proposant de nouvelles ambitions pour faire face aux défis émergents que sont le changement climatique, les mutations de l’économie mondiale et les pressions démographiques. Le président Ouattara appelle à « poursuivre ensemble ce grand projet, dans le cadre du contrat de confiance que nous avons scellé depuis 2011 ».

Alassane Ouattara : Parcours d’un président économiste

Alassane Ouattara, né le 1er janvier 1942 à Dimbokro, est président de la République de Côte d’Ivoire depuis le 6 mai 2011. Économiste de formation, son parcours professionnel l’a conduit à occuper des postes de haute responsabilité au Fonds Monétaire International (FMI) et à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), où il a été vice-gouverneur puis gouverneur.

Un parcours politique marqué par les obstacles

Sa carrière politique en Côte d’Ivoire débute en 1990 lorsqu’il devient le Premier ministre du pays, fonction qu’il occupe jusqu’en 1993. Durant cette période, il met en œuvre une politique de rigueur budgétaire qui permet d’assainir les finances publiques. Cependant, son ascension politique rencontre des obstacles majeurs. Élu à la tête du Rassemblement des républicains (RDR) en 1999, il se voit empêché de se présenter aux élections présidentielles de 1995 et 2000 en raison de la clause d’« ivoirité » introduite dans le code électoral, qui exige que les candidats soient « Ivoiriens de naissance, nés de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens de naissance ».

Il faut attendre l’élection présidentielle de 2010 pour qu’il puisse enfin briguer la magistrature suprême. Élu avec 54% des voix selon la Commission électorale indépendante, son accession au pouvoir est marquée par une crise post-électorale qui oppose ses partisans à ceux du président sortant Laurent Gbagbo, lequel refuse de quitter le pouvoir. La crise ne se résoudra qu’avec l’arrestation de Gbagbo en avril 2011.

Une présidence axée sur la relance économique

Une fois installé au pouvoir, Ouattara met en œuvre une politique économique libérale et interventionniste qui relance significativement la croissance. Son administration investit massivement dans la réhabilitation des infrastructures et encourage les investissements étrangers. Parmi les réformes marquantes de sa présidence figure la réforme de la filière café-cacao, visant à augmenter la production et le rendement des plantations. Cette politique lui vaut le surnom de « réforme Ouattara » dans les médias.

Sur le plan politique, il est réélu triomphalement en 2015 avec 84% des voix, puis annonce ne pas briguer de troisième mandat. Cependant, après le décès soudain de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly, il revient sur sa décision et se présente à l’élection de 2020, qu’il remporte avec 95% des voix lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. En 2025, à 83 ans, il est à nouveau candidat à sa propre succession, justifiant cette décision par l’expérience nécessaire pour faire face aux défis que rencontre le pays.

 

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