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Après la marche du 11 octobre, Affi N’Guessan prévient : « C’est un avertissement ! »

L’opposant ivoirien, Pascal Affi N’Guessan a appelé à la “résistance pacifique” face à “la dérive autoritaire” du pouvoir en place en Côte d’Ivoire.
Après les manifestations violemment dispersées à Abidjan et dans plusieurs villes du pays, Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire » du régime en place. L’opposant a salué « le courage et la détermination du peuple ivoirien », descendu dans la rue à l’appel du Front commun, coalition regroupant les principales forces de l’opposition autour de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.

“Un acte de bravoure et de patriotisme”
« Ce samedi là, malgré un dispositif sécuritaire impressionnant, ils sont sortis massivement, sans peur, pour dire non à la dictature. C’est un acte de bravoure, un acte patriotique. J’ai vu des jeunes engagés, des femmes portant le drapeau national, des personnes âgées venues défendre la liberté. Tout cela prouve que la flamme de la dignité ivoirienne brûle encore. Je leur dis de rester debout, de ne pas céder au découragement ni à la peur », a déclaré l’ancien Premier ministre.

Le samedi 11 octobre, des centaines de jeunes et de femmes avaient répondu à l’appel du Front commun pour réclamer des élections transparentes, inclusives et apaisées. Mais la manifestation, interdite par un arrêté préfectoral, a été rapidement réprimée par les forces de l’ordre. Des affrontements ont éclaté, notamment à Cocody et à Yopougon, où plusieurs interpellations ont été signalées.

“Manifester n’est pas défier le pouvoir”
Face à cette situation, Affi N’Guessan a tenu à clarifier la démarche du Front commun : « Il ne s’agit pas d’un acte de défiance, mais d’une réponse légitime à une décision injuste. Nous avons simplement exercé un droit fondamental reconnu à tout citoyen : celui de manifester pacifiquement pour exprimer son opinion. »

L’ancien Premier ministre a dénoncé le “mépris institutionnalisé” du pouvoir, accusé de refuser tout dialogue sur les questions clés du processus électoral, notamment la composition de la Commission électorale indépendante (CEI), l’accès équitable aux médias et la sécurisation du scrutin.

« Depuis plusieurs mois, l’opposition multiplie les appels au dialogue. Aucune de ces préoccupations n’a reçu de réponse », a-t-il déploré, estimant que « manifester, ce n’est pas défier le pouvoir, c’est revendiquer pacifiquement nos droits ».

“Un avertissement au régime”
L’opposant a par ailleurs prévenu le gouvernement d’Alassane Ouattara du risque d’une crise politique majeure.

Ce que nous observons aujourd’hui est d’une ampleur inédite. La mobilisation de 2025 est deux à trois fois plus forte, plus consciente. Les Ivoiriens ne veulent plus subir
« Ce que nous observons aujourd’hui est d’une ampleur inédite. La mobilisation de 2025 est deux à trois fois plus forte, plus consciente. Les Ivoiriens ne veulent plus subir », a-t-il insisté, qualifiant cette contestation « d’avertissement » adressé au régime.

Dans un contexte où plusieurs figures majeures de l’opposition — dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Guillaume Soro et Pascal Affi N’Guessan — ont été écartées de la course à la présidentielle, ces manifestations traduisent un climat de crispation politique à quelques semaines du scrutin.

Le Front commun reconduit la mobilisation nationale
Le Front commun, par la voix de sa porte-parole Me Habiba Touré, a annoncé dans un communiqué que le mot d’ordre de mobilisation est reconduit, cette fois sur l’ensemble du territoire ivoirien.

Une décision qui risque d’accentuer la tension déjà palpable entre le pouvoir et l’opposition. « Un seul homme, aussi puissant soit-il, ne peut soumettre tout un peuple. Ce combat est juste. Nous le menons pour que nos enfants ne vivent plus jamais sous la tyrannie ni l’arbitraire », a conclu Affi N’Guessan.

Une opposition déterminée face à un pouvoir inflexible
Alors que la campagne électorale se poursuit dans un climat tendu, l’appel à la mobilisation nationale du Front commun marque une nouvelle étape dans la confrontation politique entre le régime d’Alassane Ouattara et une opposition décidée à contester le quatrième mandat du chef de l’État.

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