Le Centre Ahou et le Youth Sounding Board de l’UE ont présenté, jeudi à Abidjan, les conclusions de la mission d’observation « Regards Croisés » et lancé un plaidoyer visant à renforcer l’influence politique des jeunes et des femmes dans le processus électoral.
C’était le lundi 8 décembre dernier au centre Labis de Yopougon. L’initiative s’inscrivait en prélude aux préparatifs des élections législatives du samedi 27 décembre en vue du renforcement de la participation politique des jeunes.
Plusieurs organismes de jeunesses, présente
L’atelier initié par le Centre Ahou, soutenu par le Youth Sounding Board (YSB) de l’Union européenne, a réuni plusieurs organisations de jeunesse pour présenter les conclusions de la mission d’observation électorale « Regards Croisés » et lancer un plaidoyer destiné à peser sur le débat public.
L’objectif affiché : transformer la mobilisation citoyenne en force politique structurée. « Il s’agit de permettre aux jeunes de peser réellement sur les enjeux électoraux et sur les décisions qui concernent leur avenir », a déclaré Dr Anne Nadège Assahon, présidente du Centre Ahou. Elle a insisté sur la nécessité de consolider une démarche collective capable d’influencer durablement les politiques publiques.
La mission « Regards Croisés », financée par l’Union européenne, avait observé la présidentielle du 25 octobre dans quatre communes stratégiques — Cocody, Yopougon, Bouaké et Korhogo. Plus de 120 jeunes observateurs y ont participé, au-delà du nombre initialement prévu, témoignant d’une volonté croissante de s’investir dans le débat politique. Les 822 bureaux de vote observés ont permis l’élaboration d’une base de données jugées crédibles par les organisateurs pour formuler des recommandations pertinentes.
On ne peut pas parler d’inclusion si les jeunes restent cantonnés aux rôles d’exécution
Les résultats des observations révèlent une présence accrue des jeunes et des femmes dans l’organisation technique des contrôles, mais une marginalité persistante dans les instances décisionnelles. Un constat que les organisateurs jugent révélateur des limites du système actuel. « On ne peut pas parler d’inclusion si les jeunes restent cantonnés aux rôles d’exécution », estime un membre du YSB, plaidant pour leur intégration aux postes stratégiques au sein des commissions électorales locales et nationales.
Le rapport souligne par un déficit préoccupant de culture électorale ailleurs. Plus de 90 % des primo-votants ignorants qu’ils participent peuvent à l’observation citoyenne et un quart seulement se disent correctement informés sur le processus électoral. Pour les acteurs de la société civile, cette situation fragilise l’expression démocratique et réduit l’impact politique de la jeunesse.
Les participantes ont ainsi dégagé plusieurs axes de plaidoyer : renforcement de l’éducation civique, simplification des procédures d’inscription sur la liste électorale, de la représentativité des jeunes femmes et accès élargi aux dispositifs d’observation. Ils appellent également à un dialogue direct avec les institutions afin d’intégrer leurs propositions dans les réformes à venir.
La rencontre a marqué le lancement de la deuxième phase de la Caravane de la Charte du Jeune Citoyen Positif, ainsi que de la Mission d’observation II pour les législateurs. Une manière, pour les organisateurs, d’ancrer davantage la jeunesse dans le jeu politique à un moment décisif pour le pays.



