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Bavures à répétition des dozos : Beugré Mambé, Téné Birahima et Vagondo interpellés

En Côte d’Ivoire, les bavures récurrentes perpétrées par des dozos, chasseurs traditionnels originaires du nord du pays et de pays environnants, contre des populations civiles inquiètent de plus en plus l’opinion publique et la classe politique.

Début mars, un jeune cultivateur répondant au nom de Koffi Yao Jules a été mortellement atteint par un tir de calibre 12.

Rappel des faits
Le coup de feu a été tiré par un chasseur traditionnel membre de la confrérie dozo. Selon les premières informations, largement relayées par la presse, ce drame est survenu à la suite d’une altercation entre la victime et son agresseur à un point de barrage illégal situé sur l’axe Allangbakro-Pinhou, dans le département de Bangolo.

Notre source indique, que Koffi Yao Jules a refusé de s’acquitter de la somme de 500 FCFA exigée comme frais de passage. Une situation qui a provoqué l’ire du dozo en poste, conduisant au tir fatal. Si le présumé auteur a été interpellé puis placé sous mandat de dépôt , l’affaire a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Intervenant sur une chaîne de télévision privée, le chroniqueur Marius Comoé a énoncé une « dérive sécuritaire préoccupante », s’interrogeant sur le rôle de ces chasseurs armés traditionnels qui « se substituent de plus en plus aux forces régulières ». « Qu’est-ce qu’un chasseur traditionnel vient faire à réguler la circulation, à détenir une arme à feu et à se substituer aux forces de l’ordre ? Ce sont des bandits ! », s’est insurgé Marius Comoé.

Appel aux autorités
Exhortant les autorités à prendre des mesures fermes pour mettre fin aux agissements de ces chasseurs traditionnels armés.

« Je ne pense pas que la Côte d’Ivoire puisse tolérer, dans son dispositif sécuritaire, de telles situations. Il faut y mettre un terme », a-t-il lancé. Le chroniqueur a, cet effet, interpellé le Premier ministre Robert Beugré Mambé ainsi que les ministres en charge de la Défense et de la Sécurité.

« J’interpelle le Premier ministre, le ministre en charge de la Sécurité et le vice-Premier ministre afin qu’une solution définitive soit trouvée. On ne peut pas tolérer cela. Il s’agit d’un mort aujourd’hui, mais il y en a eu plusieurs. Nous ne pouvons pas accepter que ces individus continuent d’endeuiller des familles », a-t-il insisté.

Un fait qui n’est pas isolé
L’incident survenu à Bangolo, faut-il le souligner n’est pas isolé. Fin janvier 2024, un gendarme en patrouille avait été accidentellement abattu par un membre de la confrérie dozo, affecté à la surveillance d’un pont-bascule d’hévéa dans la sous-préfecture d’Anuanssué.

Ces chasseurs traditionnels ont également été utilisés comme des supplétifs des Forces nouvelles mués en Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) lors de leur offensive militaire contre le pouvoir de Laurent Gbagbo en 2011. La crise militaro-politoque qui s’en est suivie a fait au moins 3000 morts et de personnes disparues.

« La situation liée à l’usage des armes à feu par ce groupe, présentée comme un groupe d’autodéfense, est préoccupante. La Côte d’Ivoire n’est ni la Libye, ni Haïti, encore moins la RDC, où des groupes armés circulent librement. Ici, c’est un État de droit », a martelé Marius Comoé.

Rappelant le cadre légal, il a souligné que la détention, le transport et le port d’armes à feu en Côte d’Ivoire sont strictement encadrés par la loi n° 98-749 du 23 décembre 1998 relative aux armes, munitions et explosifs.

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