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Côte d’Ivoire: Assemblée nationale, une nouvelle fronde secoue le groupe parlementaire PDCI-RDA

Le PDCI-RDA du président Tidjane Thiam fait face à une nouvelle fronde au sein de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Mercredi 11 mars 2026, quatre députés élus sous la bannière du parti ont annoncé avoir suspendu leurs activités au sein dudit groupe parlementaire.

De nouvelles tensions secouent en effet le groupe parlementaire PDCI-RDA à l’Assemblée nationale. Mercredi, quatre députés élus sous la bannière du « vieux parti » ont annoncé la suspension de leur participation aux activités du groupe dirigé par Me Blessy Chrisostome.

« Nous avons l’honneur de porter à votre connaissance notre décision de suspendre notre participation aux activités du groupe parlementaire PDCI-RDA, et ce, pour des raisons d’ordre personnel. Cette suspension prendra effet à compter de la date de signature de la présente correspondance », peut-on lire dans la note adressée au président du groupe parlementaire.

La correspondance est signée par les députés N’Gouan Jérémie Alfred, député d’Aboisso-commune, Adja Alain, député de Port-Bouët, N’Zi Eliane, députée de Bocanda-commune, et Kouamé Koffi Athanase, également député de Bocanda.

Une gestion “solitaire et opaques”
Les signataires reprochent notamment à Me Blessy Chrisostome certaines « dérives » dans la gestion de certains dossiers, malgré plusieurs interpellations restées, selon eux, « sans clarifications ». Dans une récente déclaration, N’Zi Eliane a dénoncé une gestion qu’elle juge opaque. Selon la députée de Bocanda-commune, plusieurs décisions seraient prises « sans qu’aucun compte rendu clair ne soit présenté aux militants et aux responsables du parti ».

Selon lui, dans sa méthode de gestion du groupe parlementaire, Me Blessy ferait « cavalier seul », refusant de répondre à certains appels et arrêtant des orientations de manière solitaire, en contradiction avec le principe de collégialité
Abondant dans le même sens, Kouamé Koffi Athanase, l’un des signataires de la déclaration, a pointé plusieurs dysfonctionnements dans la gestion du groupe parlementaire. Il évoque notamment un manque de concertation institutionnelle.

Selon lui, dans sa méthode de gestion du groupe parlementaire, Me Blessy ferait « cavalier seul », refusant de répondre à certains appels et arrêtant des orientations de manière solitaire, en contradiction avec le principe de collégialité. Le député de Bocanda dénonce également un déficit de communication ainsi que l’exclusion d’anciens députés dans la répartition des postes au sein du bureau de l’Assemblée nationale et du bureau du groupe parlementaire.

La réponse de Me Blessy Chrisostome
Interrogé sur ces accusations, Me Blessy Chrisostome les a rejetées, estimant n’avoir posé « aucun acte de gestion » depuis son accession à la présidence du groupe parlementaire. « Ce qui a été fait jusque-là, ce sont simplement des réunions préparatoires avant les séances à l’Assemblée nationale, afin de renforcer la solidarité et la cohésion. Je n’ai encore pris aucune décision particulière », a-t-il répliqué.

Contexte de tension interne
Cette fronde intervient dans un contexte de contestations internes récurrentes au sein du parti présidé par Tidjane Thiam. Fin janvier, trois dignitaires du parti — Emmou Sylvestre, Jacques Ehouo et Jean‑Marc Yacé — avaient refusés d’intégrer le groupe parlementaire PDCI-RDA. Ces trois hauts cadres du parti ont exprimé leur désaccord quant au mode de désignation de Me Blessy à la tête du groupe parlementaire pour justifier leur décision.

Selon certaines sources relayées notamment par Jeune Afrique, ces responsables du parti auraient souhaité une consultation plus large avant la désignation de l’actuel député de Béoumi. Certains élus ont notamment évoqué la question de l’équilibre géopolitique interne au sein du parti, principe qui, selon eux, a longtemps guidé les choix politiques du PDCI-RDA, depuis l’époque de Félix Houphouët‑Boigny jusqu’à celle de Henri Konan Bédié.

Le PDCI-RDA, faut-il le rappeler, traverse régulièrement des turbulences internes depuis l’accession de Tidjane Thiam à la tête du parti. Exclu de la course à l’élection présidentielle d’octobre 2025 en raison de sa double nationalité au moment de son inscription sur la liste électorale, l’ancien dirigeant de Crédit Suisse a également dû faire face à des contestations internes réclamant sa démission.

Ses détracteurs estiment notamment qu’il ne remplissait pas toutes les conditions d’éligibilité au moment de son élection à la présidence du parti en décembre 2023. Cette crise interne n’est pas sans conséquence pour le parti qui perd en vitalité sur le terrain. Le parti n’a remporté qu’une trentaine de siège à l’issue des dernières élections législatives contre une soixante lors des législatives de mars 2021.

 

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