« Il faut dépolitiser la question de l’enrôlement et ouvrir équitablement le vote à tous citoyens ». La substance d’un appel militant depuis Tiassalé. Alors que la Côte d’Ivoire s’apprête à vivre une année 2025 marquée par l’élection présidentielle, un constat alarmant émerge : près de 30 % des Ivoiriens en âge de voter pourraient être exclus du scrutin.
Face à cette négligence, l’Alliance Démocratique Africaine – Côte d’Ivoire (ADA-CI) tire la et appelle à une mobilisation générale pour garantir une élection véritablement démocratique. L’élection présidentielle de 2025 est présentée comme un moment clé pour la Côte d’Ivoire. Pourtant, l’enthousiasme est tempéré par les dysfonctionnements entourant la révision des listes électorales. Selon l’ADA-CI, la Commission Électorale Indépendante (CEI) a échoué à atteindre ses objectifs.
Des erreurs à rattraper
Alors que 4,5 millions de nouveaux inscrits étaient attendus, seulement 943 157 personnes ont pu s’inscrire entre le 19 octobre et le 17 novembre 2024. Un chiffre bien en deçà des attentes, qui laisse près de 3,6 millions d’Ivoiriens en dehors du processus électoral. « Comment se satisfaire, comme le fait la CEI, d’un tel résultat, alors que dans quelques mois la population ivoirienne sera appelée à se prononcer pour élire son prochain Président de la République ? », interroge l’ADA-CI.
« Les faits et la volonté politique affichée se contredisent. Et il n’aura échappé à personne que depuis quelques semaines, c’est désormais au tour des partis politiques de politiser ce sujet », souligne l’ADA-CI.
Plusieurs facteurs expliquent cet échec. D’abord, un délai trop court entre l’annonce du processus et sa mise en œuvre. Ensuite, des démarches administratives complexes et des retards dans la délivrance des documents nécessaires. Mais surtout, l’absence de campagne de sensibilisation et de communication pour inciter les jeunes, principale cible de cette révision, à s’inscrire. « Avec un délai aussi court, comment la totalité des Ivoiriens concernés aurait pu se préparer et s’organiser ? », déplore l’ADA-CI.
Un risque de politisation du débat
Alors que le Président de la République a promis une élection « démocratique et transparente », les faits semblent contredire cette volonté affichée. Les partis politiques, quant à eux, commencent à instrumentaliser le sujet. L’un d’eux refuse même que la CEI envisage des solutions alternatives. « Les faits et la volonté politique affichée se contredisent. Et il n’aura échappé à personne que depuis quelques semaines, c’est désormais au tour des partis politiques de politiser ce sujet », souligne l’ADA-CI.
Face à cette situation, l’ADA-CI appelle les Ivoiriens à se mobiliser, au-delà des clivages politiques, pour exiger l’inclusion de tous les électeurs potentiels. « Nous devons montrer aux autorités qu’il n’est pas envisageable d’exclure 30 % des votants potentiels du processus électoral », insiste l’organisation. L’ADA-CI se fixe comme résolution pour 2025 d’agir avec toutes les bonnes volontés, loin des calculs politiques, pour garantir l’avenir de la Côte d’Ivoire. « Et ensemble, nous pouvons y arriver ! », conclut-elle.



