Nouvelle Côte d’Ivoire, conduite par Kenza Amany, a apporté une aide humanitaire aux familles touchées par les violences post-électorales à Yamoussoukro, Attiegouakro, Kami et Nahio, où plusieurs décès ont été enregistrés.
L’association Nouvelle Côte d’Ivoire, dirigée par Mme Kenza Amany, s’est rendue mercredi 12 novembre à Yamoussoukro et dans plusieurs localités du centre du pays pour apporter un appui humanitaire aux familles touchées par les violences survenues lors de la crise électorale d’octobre. Cette initiative de solidarité intervient après plusieurs incidents meurtriers et la destruction d’habitations dans les zones de Morofé, Kami, Attiegouakro et, plus à l’ouest, dans la localité de Nahio, dans le département d’Issia.
Des familles en larmes
La tournée a débuté à Morofé, où une famille à vu son domicile entièrement détruit dans un incendie provoqué, selon les témoignages recueillis, par le tir de gaz lacrymogènes lors d’affrontements nocturnes. La présidente de Nouvelle Côte d’Ivoire, visiblement émue, a rencontré les sinistrés et a exprimé son soutien. « J’ai été profondément touchée de voir cette famille en larmes. Ils n’ont pu sauver qu’une seule cocotte. Ce type de violence ne doit plus jamais avoir lieu en Côte d’Ivoire », at-elle déclaré, appelant au retour au dialogue et à l’apaisement.
À Morofé, certains habitants ont également décrit la scène ayant conduit à l’incendie du logement. Selon un sinistre entouré, les forces de l’ordre auraient « lancé les lacrymogènes dans le cours », entraînant la propagation rapide du feu. « Ils ont empêché les jeunes d’éteindre les flammes. Tout a brûlé », a indiqué l’homme, craignant encore des représailles.
La délégation a ensuite fait étape à Kami, localité marquée par la mort de deux jeunes hommes lors des manifestations contre un nouveau mandat du président Alassane Ouattara. Konan Kacou Paul, dit Champi, est décédé après une violente intervention des forces de sécurité dans son domicile, selon sa famille. Un autre habitant, N’Guessan Kouassi Constant, a succombé après avoir été touché par des gaz lacrymogènes. Nouvelle Côte d’Ivoire a remis des dons en vivres et en non-vivres aux proches endeuillés.
Une enveloppe de 4 millions mobilisée
À Attiegouakro, la situation n’était guère différente. La communauté locale a perdu un jeune homme de 21 ans, Yao N’Goran Jean Marc, décédé des suites de violences policières, selon plusieurs témoins. « Ces drames renforcent notre détermination à défendre la paix et la justice », a affirmé Mme Amany, rappelant l’héritage de dialogue associé au président Félix Houphouët-Boigny.
En parallèle, une seconde délégation de Nouvelle Côte d’Ivoire, conduite par Sylla Malamine et Koffi Louis, s’est rendue à Nahio. Après une rencontre avec les autorités administratives et coutumières, l’équipe a visité les familles touchées par cinq décès et l’incendie de trois habitations. Les représentants de l’association ont formulé un message d’apaisement, invitant les habitants à « se mettre au-dessus des clivages politiques, ethniques ou communautaires ».
Au total, la mission humanitaire a mobilisé une enveloppe de quatre millions de francs CFA, allouée à des dons en vivres, en numéraire et à des besoins urgents identifiés auprès des sinistrés.
« Je ne peux pas rester à Abidjan sans agir, alors que mon peuple souffre », a assuré Kenza Amany, qui dit s’inspirer des valeurs de paix et de justice portées par Félix Houphouët-Boigny et par le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam. Elle a également plaidé pour la libération des personnes arrêtées lors des manifestations, estimant que « l’article 20 de la Constitution garantit le droit de manifester pacifiquement ».
Pour les populations rencontrées, encore sous le choc, cette visite apporte un réconfort moral, même si la reconstruction matérielle et psychologique reste un défi majeur. Les habitants espèrent désormais que ces drames ouvriront la voie à des mesures permettant d’éviter une répétition des violences lors des prochains examens.



