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Don Mello répond à Gbagbo: « Moi, je l’ai soutenu pendant 40 ans »

Moins de 48 heures avant la tenue du scrutin présidentiel du samedi 25 octobre 2025, la scène politique ivoirienne est marquée par une nouvelle passe d’arme entre Laurent Gbagbo et Ahoua Don Mello.

L’ancien ministre et actuel vice-président de l’Alliance des BRICS a tenu à clarifier sa position après les déclarations du président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), qui a estimé que « la candidature de Don Mello n’a jamais été un débat au sein du parti ».

Une prise de distance nette
Dans une interview accordée à Alain Foka, Laurent Gbagbo avait précisé qu’il « n’appelle à voter pour aucun candidat, y compris Ahoua Don Mello ». Une mise au point perçue comme une prise de distance nette vis-à-vis de son ancien collaborateur, désormais candidat indépendant à la magistrature suprême.

Ahoua Don Mello, qui fut l’un des proches collaborateurs de Laurent Gbagbo, a répliqué avec mesure, tout en assumant ses choix politiques. « Peut-être qu’il a oublié la note interne que je lui ai envoyée, et qu’il a transmise à une commission avec laquelle j’ai échangé pendant plusieurs heures. Peut-être qu’ils ne lui ont pas fait de retour, je n’en sais rien. Mais ce qui est sûr, c’est que je lui ai bien soumis une note interne, laquelle a d’ailleurs fuité dans la presse », a-t-il déclaré, rappelant que le débat autour de sa candidature avait bel et bien existé au sein du PPA-CI.

C’est son droit de dire qu’il n’appelle à voter pour aucun candidat, y compris moi. Moi, je l’ai soutenu pendant quarante ans. D’autres jeunes me soutiendront aussi
Dans ses propos, Don Mello a également exprimé son incompréhension face aux divisions internes du parti fondé par Laurent Gbagbo. « Je comprends mieux désormais les crises internes, les luttes de clans et les tendances au sein du parti. Cela me conforte dans ma position : il faut avancer », a-t-il ajouté, signifiant sa volonté de tourner la page et de se projeter dans l’avenir.

L’ingénieur et homme politique se dit prêt à « prendre le relais » d’une génération de pionniers, en évoquant une transition politique nécessaire : « La politique, c’est une course de relais. Il compte se retirer, moi, je compte prendre le relais pour relever les défis actuels », a-t-il affirmé.

Tout en reconnaissant le droit de Laurent Gbagbo à ne soutenir aucun candidat, Don Mello a tenu à rappeler la loyauté de son engagement passé. « C’est son droit de dire qu’il n’appelle à voter pour aucun candidat, y compris moi. Moi, je l’ai soutenu pendant quarante ans. D’autres jeunes me soutiendront aussi, peut-être plus longtemps, je l’espère. »

Le contexte électoral ivoirien, faut-il le rappeler, reste marqué par des tensions au sein de l’opposition, se disant engagé à mettre fin au régime du président Alassane Ouattara. Contrairement au camp Laurent Gbagbo qui dénonce un braquage électoral et opte pour le boycott et des manifestations de rue, Ahoua Don Mello, soutenu par Charles Blé Goudé et Simone Ehivet Gbagbo, deux autres figures de la gauche restent convaincues que le changement ne pourrait s’obtenir que par les urnes.

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