En Côte d’Ivoire, un commentaire Facebook aux relents haineux vaut arrestation. À Issia, un internaute est interpellé après une plainte des avocats de Charles Blé Goudé, leader du COJEP ivoirien.
L’actualité judiciaire ivoirienne est marquée ce jour par l’interpellation de l’internaute Taki Franck. Accusé d’avoir tenu des propos haineux et attentatoires à la vie du leader du COJEP, il a été mis aux arrêts à Issia suite à une plainte déposée par le collectif d’avocats de Charles Blé Goudé.
Les faits
Tout commence début octobre 2025 par une publication sur les réseaux sociaux. Un internaute, identifié sous le nom de Taki Franck, poste un commentaire au vitriol concernant l’ancien ministre de la Jeunesse :
« Si Blé Goudé mourait à la CPI, on aurait tout gagné. Mais malheureusement, il est en vie. »
Jugée d’une extrême gravité par l’entourage de Charles Blé Goudé, cette déclaration a immédiatement déclenché une riposte légale. Le 9 octobre 2025, le collectif d’avocats de l’homme politique déposait une plainte formelle devant le Tribunal de Première Instance d’Abidjan.
Après une phase d’enquête et de localisation, l’homme a été appréhendé par les forces de l’ordre à Issia, une ville du centre-ouest du pays à 399 km d’Abidjan. Selon le communiqué laconique publié par le compte « Blé Goudé Charles Officiel », l’homme devra désormais « expliquer pourquoi Charles Blé Goudé devrait mourir à La Haye » devant les autorités compétentes.
Durcissement de ton
Cette affaire intervient dans un climat où les autorités ivoiriennes durcissent le ton face aux dérives sur les réseaux sociaux. En Côte d’Ivoire, la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité stipule que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit.
Les propos de Taki Franck pourraient être qualifiés de provocation à la commission d’un crime ou d’un délit ou de menaces par le biais d’un système d’information. Selon le code pénal et les textes sur la cybercriminalité, de tels agissements exposent leurs auteurs à des peines d’emprisonnement allant de un à cinq ans et à des amendes se comptant en millions de francs CFA.
Taki Franck devrait être transféré prochainement vers Abidjan pour répondre des chefs d’accusation qui pèsent contre lui.



