
L’arrestation dans la nuit du 1er au 2 septembre de l’activiste pro-opposition Ibrahim Zigui a suscité une vive réaction du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI).
Âgé d’une trentaine d’années, Ibrahim Zigui est connu pour ses prises de position sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo devenue virale, il avait exhorté les Ivoiriens à se mobiliser pacifiquement le jour de la validation des candidatures à l’élection présidentielle.
Des images diffusées
« Je souhaite que le jour où les candidatures seront validées, tous les maquis et tous les endroits de la Côte d’Ivoire soient bondés de monde. (…) Sors avec ton maillot, c’est la finale qu’on ira jouer », déclarait-il notamment, en appelant à brandir drapeaux et maillots nationaux.
Ces propos lui ont-ils valu d’être interpellé par les forces de l’ordre ? Les autorités policières n’ont pas encore confirmé. Toutefois, des images diffusées sur internet le montrent dans une cellule aux murs similaires à celles déjà associées aux présumés auteurs des violences de Yopougon, renforçant l’idée de sa mise en détention.
Koné Katinan Justin, président du Conseil stratégie et politique (CSP) du parti, a abordé cette arrestation ce mardi, lors d’une édition spéciale de sa tribune hebdomadaire au siège du parti, à la Riviera-Bonoumin.
“Les voix dissidentes muselées”
Selon lui, les faits reprochés à Zigui ne justifient en rien une arrestation. « Les éléments mis à notre disposition montrent une vidéo où il appelle les Ivoiriens à manifester pacifiquement. Si cette information est exacte, est-ce suffisant pour justifier une arrestation ? », a-t-il interrogé.
Le responsable du PPA-CI a également insisté sur la nécessité de préserver le pluralisme et le débat démocratique. « On ne peut pas continuer à infantiliser le peuple, ni chercher à le museler. La République repose sur le désaccord. Il n’y aurait pas de démocratie si tout le monde était d’accord », a-t-il souligné.
L’affaire Zigui vient s’ajouter à une série d’arrestations visant des figures de l’opposition. Début août, l’ex-ministre Lida Kouassi Moïse et l’ex-ambassadeur Koné Boubacar, tous deux proches de Laurent Gbagbo, ont été incarcérés. Le PDCI-RDA a également vu plusieurs de ses responsables arrêtés dans le cadre de la mobilisation pour la candidature de Tidjane Thiam. D’autres, comme Damana Pikass ou Blaise Lasm, sont soumis à des restrictions de mouvement.
Pour le PPA-CI, ces arrestations traduisent « une volonté d’étouffer les voix dissidentes » à l’approche de l’échéance électorale de 2025. Le parti demande la libération immédiate de Zigui et des autres détenus politiques.


