
Mercredi, lors d’une conférence de presse à Abidjan, Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir a lancé une mise en garde ferme à l’encontre de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et à ses alliés politiques.
« Nous prenons la parole pour dire que trop, c’est trop et qu’à un moment donné, à un moment donné, il va falloir que ça s’arrête », a lancé le ministre, pointant du doigt les revendications et les chants à caractère xénophobe qui ont eu lieu lors des récentes marche et meeting organisés par le PPA-CI et le PDCI-RDA, réuni au sein du Front commun. Selon lui, autoriser, ces manifestations ne doivent en aucun cas être interprétées comme un signe de faiblesse du pouvoir, mais plutôt comme la preuve d’une volonté d’ouverture et d’attachement à la démocratie.
Les revendications de l’opposition
Samedi 9 août dernier, le PPA-CI et le PDCI-RDA réuni au sein du Front commun a organisé une marche de protestation pour dénoncer l’exclusion des principaux leaders de l’opposition de la course à la présidentielle. Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et autres Charles Blé Goudé ont été radiés de la liste électorale en raison de décision de justice controversée. L’opposition dénonce notamment une “instrumentalisation de la justice à des fins politiques”.
Elle s’oppose également à la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat qu’elle estime en violation avec les dispositions de la constitution. Outre ces questions, les partis de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam, soutenus par le Front populaire ivoirien de Pascal AffI N’guessan récusent également la composition de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’ils estiment, favorable au RHDP.
Les accusations du pouvoir
Pour Adjoumani, l’opposition chercherait moins à convaincre par un projet politique qu’à préparer un climat de défiance vis-à-vis des institutions républicaines. « Est-il acceptable que l’État déploie des forces de l’ordre pour encadrer une marche et un meeting au cours desquelles les institutions de la République sont bafouées, vilipendées et piétinées ? », s’est-il insurgé, estimant que le véritable objectif des adversaires du régime Ouattara est de « boycotter activement les élections à venir, comme en 2020 ».
Est-il acceptable que l’État déploie des forces de l’ordre pour encadrer une marche et un meeting au cours desquelles les institutions de la République sont bafouées, vilipendées et piétinées ?
Le souvenir de la crise électorale de 2020, qui avait fait au moins 85 morts et plusieurs centaines de blessés, reste encore vif dans la mémoire collective. Le RHDP, qui accuse ses opposants de vouloir « inscrire le pays dans la logique du pire », affirme qu’il ne tolérera pas une répétition de ce scénario. Il a mis en garde contre toute tentative de déstabilisation, assurant que la justice et les institutions de l’État sont en « état de veille permanent » et prennent toutes les dispositions nécessaires pour préserver la paix et la stabilité.
Lors de son discours prononcé à la veille de la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara, le président ivoirien, a promis que « les élections auront lieu à la date indiquée. Elles se dérouleront dans une ambiance calme et sécurisée », appelant l’ensemble des acteurs politiques à « la responsabilité ».


