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Législatives 2025: Avant le scrutin, le Front commun PPA-CI – PDCI “vacille”

À quelques jours de la clôture du dépôt des candidatures pour les élections législatives prévues le 27 octobre 2025, l’alliance scellée en juin dernier entre le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam montre des signes évidents d’essoufflement.

En cause, la décision du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire de boycotter le scrutin législatif du samedi 27 décembre 2025. Cette décision a pris à l’issue de la session extraordinaire du Comité central du parti de Laurent Gbagbo tenu le jeudi 6 novembre dernier.

Les raisons d’une décision
Le parti en effet estime que « Les conditions d’élections crédibles ne sont pas réunies ». Autre raison présente : « L’environnement socio-politique délétère [qui] ne s’y prête pas (répression, persécutions, harcèlement judiciaire) ».

De sources proches du Parti, cette décision suscite des inquiétudes, notamment chez de nombreux députés sortant pour la plupart élus en 2021. Pendant cinq ans, ces derniers ont multiplié les initiatives sur le terrain, consolidant leurs bases locales et entretenant un lien constant avec les populations. Leur objectif était de : rempiler lors des prochaines législatives grâce à l’alliance stratégique avec le PDCI, censée unir leurs forces face au parti au pouvoir.

Le Front commun vacille
Mais l’annonce récente du PPA-CI de ne pas prendre part aux élections a semé le doute et fait vaciller le Front commun, alliance politique créer pour contrebalancer le RHDP et dire non au 4 e mandat. « À deux, on était forts. Seul, le PDCI sera-t-il en capacité de l’emporter ? », s’interroge un député du PPA-CI, exprimant dans Jeune Afrique, la désillusion d’une partie de la base. L’un d’eux illustre la situation par une métaphore évocatrice : « C’est comme deux personnes assises aux extrémités d’un banc : l’un se lève sans prévenir l’autre, le banc penche et l’autre tombe. »

Au cœur du malaise, l’absence de concertation entre les deux leaders de l’opposition. Selon plusieurs sources internes, aucune discussion préalable n’aurait eu lieu entre Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam avant la décision du PDCI qui à lui, a décidé de prendre part au contrôle.

C’est comme deux personnes assises aux extrémités d’un banc : l’un se lève sans prévenir l’autre, le banc penche et l’autre tombe
Ce dernier serait même montré réservé quant à certaines initiatives du PPA-CI, notamment la marche du 8 novembre organisée à Abidjan en mémoire des victimes des manifestations contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara. Le PDCI, qui prépare activement ses listes de candidats, jugerait « incongru » de manifester alors qu’une campagne électorale se profile.

Le préfet d’Abidjan a d’ailleurs rappelé, le 6 novembre, que cette marche était « interdite », accentuant la confusion dans les rangs du Front commun. Pour beaucoup d’observateurs, cette divergence de stratégie traduit un manque de coordination politique entre les deux principales forces d’opposition, au moment même où l’unité apparaissait comme leur meilleur atout.

À Abidjan, et notamment à Yopougon, fief historique du PPA-CI, la rupture entre les deux partis modifie considérablement les équilibres. Le retrait du parti de Gbagbo ouvre un boulevard au président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo , dont la liste était jusque-là sérieusement menacée par une alliance PPA-CI – PDCI.

Face à cette recomposition rapide du paysage électoral, les députés sortants du PPA-CI multiplient les réunions internes. Plusieurs d’entre eux ont prévu de rencontrer dans les prochains jours Laurent Gbagbo « en personne » afin de clarifier la ligne à suivre. La date limite de dépôt des candidatures, fixée au 12 novembre, approche à grands pas. Et sans décision claire, le parti risque de payer cher la désunion du Front commun, au moment où le RHDP, lui, avance en ordre de bataille.

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