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Présidentielle 2025 : L’Union européenne désigne « son candidat » et débloque 8 millions € pour sa cause

L’année 2025 est qualifiée par Franscesca Di Mauro de « grande date pour la démocratie en Côte d’Ivoire ». Reçu en interview par Linfodrome, l’Ambassadrice de l’Union Européenne veut être claire : « Oui, nous avons un candidat, il s’appelle « La Cohésion sociale » et l’UE a débloqué près de 5 milliards pour défendre cette cause ». Pour le Bloc Européen, priorité est donnée à la préservation de la paix et de la cohésion sociale qui règnent depuis plusieurs années dans le pays. L’enveloppe est exclusivement allouée au programme « Elections sans Gban Gban (sans violence) ».

Loin d’imposer un modèle, l’Union européenne agit en soutien, confiante dans la capacité des Ivoiriens à préserver leur paix et leur démocratie. L’initiative combine un appui direct aux acteurs locaux, notamment la société civile et le Conseil national des droits de l’homme, avec un dialogue régulier avec les responsables politiques. Francesca Di Mauro, ambassadrice de l’UE en Côte d’Ivoire, réaffirme la constance des pays membres du Bloc Européen dans l’édification d’une Côte d’Ivoire en paix. Depuis 1961 et ce malgré les périodes de tension, l’Union européenne n’a jamais cessé d’accompagner la Côte d’Ivoire dans ses divers défis politiques et sociaux. À quelques mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, que beaucoup considèrent comme une échéance déterminante pour la stabilité démocratique du pays, l’UE se prépare à soutenir les autorités ivoiriennes et la société civile.

Son dispositif centré sur la cohésion et la transparence
Le programme « Elections sans Gban Gban (sans violence) » repose sur plusieurs volets complémentaires. L’éducation civique auprès des jeunes constitue un axe déterminant. Il s’agit de leur expliquer le mécanisme électoral, souvent méconnu, à travers des campagnes sur les réseaux sociaux, pouvant mêler pédagogie et approche ludique. A cet effet, l’Ambassadrice entend démystifier les élections et garantir que les citoyens comprennent bien leur rôle dans ce processus démocratique.

L’Union européenne travaille également en étroite collaboration avec le Conseil national des droits de l’homme, afin de s’assurer que le jour du scrutin, les droits des électeurs seront respectés, et que chacun pourra voter dans le calme. Dans cet esprit, un dispositif de 700 observateurs nationaux sera déployé pour suivre le bon déroulement du vote : 400 issus du Conseil national des droits de l’homme et 300 venant de la société civile. Leur présence vise à renforcer la confiance dans la transparence du scrutin.
L’autre aspect concerne la prévention des violences. Un système d’alerte précoce a été mis en place pour identifier les zones à risque en s’appuyant sur l’expérience passée. Les conflits souvent liés à l’accès aux ressources naturelles ou aux différends fonciers peuvent s’exacerber autour des périodes électorales. L’UE soutient ainsi la mise en place de cadres de concertation impliquant des associations locales, des représentants des forces de sécurité ainsi que des leaders religieux et traditionnels. Cette démarche vise à anticiper les tensions et à bâtir un dialogue au sein des communautés. Enfin, un effort particulier est déployé pour encourager une couverture médiatique responsable et éviter la diffusion de discours de haine, susceptible d’exacerber les divisions.

Son rôle de facilitateur du dialogue politique
Sur le plan politique, la mission diplomatique de l’Union européenne passe par des échanges avec toutes les parties prenantes : partis d’opposition, majorité présidentielle, coalitions diverses. Francesca Di Mauro précise que l’UE s’efforce d’instaurer un dialogue entre les acteurs, sans s’immiscer dans leurs choix politiques. Le message adressé aux formations politiques est la nécessité d’utiliser pleinement les institutions démocratiques existantes, telles que le Conseil constitutionnel ou l’Assemblée nationale, pour débattre et résoudre les différends.

Encourager le respect des mécanismes institutionnels est perçu comme un moyen de renforcer la stabilité et d’éviter les tensions inutiles.
« Les autorités ivoiriennes ont également la responsabilité d’assurer la sécurité du scrutin. Dernièrement, le Président de la République avait insisté sur la volonté d’organiser une élection apaisée et sécurisée, une mission qui incombe principalement au ministère de l’Intérieur et aux forces de sécurité » mentionne l’Ambassadrice en fin de mission. L’Union européenne, pour sa part, veille à la transparence par l’envoi d’observateurs indépendants et au renforcement des compétences des personnels des bureaux de vote.

La société civile, un acteur clé dans la réussite du scrutin
Selon l’ambassadrice Di Mauro, la société civile joue un rôle primordial dans la réussite d’un scrutin pacifique. Cette dernière est la plus proche des communautés et peut influencer positivement les comportements. L’UE soutient en particulier les réseaux d’associations de jeunes et de femmes, en leur fournissant des outils et des formations pour encourager le respect des droits individuels et prévenir les conflits entre électeurs. Il s’agit également de sensibiliser à la liberté de vote, notamment pour que les femmes ne soient pas soumises à une quelconque pression quant à leur choix électoral. Le programme mis en place entend donner à la société civile un rôle moteur dans la promotion de la paix à l’approche du vote, loin des divisions ou des tensions.

La démarche européenne vise intuitivement à encourager un scrutin inclusif et paisible, fondé sur le respect mutuel et la confiance entre les Ivoiriens, ainsi qu’entre les institutions et la population. L’Union européenne accompagne la Côte d’Ivoire avec constance depuis plusieurs décennies, en apportant son soutien à la fois technique, financier et diplomatique. À l’approche de l’élection présidentielle de 2025, la dimension sociale et citoyenne est au cœur de son action. En privilégiant la cohésion sociale, la prévention des violences, l’éducation civique et la transparence du processus électoral, l’UE contribue à créer les conditions d’un scrutin crédible et apaisé.

 

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