
Initialement prévue le 4 octobre avant d’être reportée à la suite d’une interdiction du Conseil national de sécurité, la « grande marche pour la paix » initiée par le Front commun PDCI–PPA-CI est maintenu au samedi 11 octobre prochain.
Crier leur indignation
Les organisateurs entendent exprimer leur indignation après l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan, de la course à la présidentielle du 25 octobre.
Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ont été écartés en raison de leur radiation de la liste électorale à la suite de décisions judiciaires, tandis que Pascal Affi N’Guessan a vu sa candidature rejetée pour insuffisance de parrainages. Les intéressés dénoncent une « instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».
Des échanges sont en cours avec elles pour convenir de l’itinéraire et de l’encadrement
À travers cette marche de contestation, le PDCI-RDA et le PPA-CI, soutenus par leurs alliés du Front commun et de la Coalition pour l’alternance pacifique (CAP-CI), réclament l’ouverture d’un dialogue politique pour garantir une élection inclusive, démocratique et apaisée. Ils entendent également dénoncer la candidature du président Alassane Ouattara qu’ils estiment illégale au regard de la constitution.
Selon les organisateurs, l’itinéraire retenu s’étendra du carrefour du Sofitel Hôtel Ivoire (Cocody Centre) au carrefour Sococé, aux II Plateaux. Le maintien de cette marche intervient alors que la mesure gouvernementale d’interdiction demeure en vigueur. « On n’autorise pas une marche, on informe simplement les autorités. Des échanges sont en cours avec elles pour convenir de l’itinéraire et de l’encadrement », a précisé un responsable du PPA-CI, indiquant qu’une rencontre est prévue avec les autorités locales.
Un climat de tension croissante
Cette initiative de l’opposition survient dans un contexte politique tendu, à moins de trois semaines du scrutin. Plusieurs responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI ont récemment été arrêtés, inculpés et placés en détention. Le 30 septembre, le PPA-CI a dénoncé l’inculpation pour « provocation à l’insurrection, atteinte à l’autorité de l’État et troubles à l’ordre public » de deux de ses secrétaires généraux adjoints, Blaise Lasm et Nestor Dahi.
Le parti de Laurent Gbagbo a qualifié ces arrestations de « décision arbitraire » illustrant « la volonté du régime de bâillonner l’opposition ». De son côté, le gouvernement, rejette toute accusation de recul démocratique. « Ces personnes n’ont pas été arrêtées parce qu’elles sont de l’opposition, mais pour des délits avérés », a déclaré le porte-parole Amadou Coulibaly à l’issue du Conseil des ministres du 1er octobre.
Le ministre a également défendu la liberté d’expression dans le pays, estimant qu’il « suffit de regarder la tonalité de notre presse. » Citant les propos du président Alassane Ouattara tenu à l’occasion de son adresse de la veille de la célébration de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il a indiqué que les élections se tiendront de manière ” démocratique et apaisée”:
De son côté, le porte-parole du RHDP, Kobenan Kouassi Adjoumani, a récemment averti qu’aucun « désordre ne sera pas toléré », accusant l’opposition d’entretenir « un climat de tension » et de s’inscrire dans « une logique du pire ». Pour l’encadrement et la sécurisation du scrutin, le gouvernement annonce le déploiement de 44 000 membres des forces de sécurité. L’ouverture de la campagne électorale est prévue pour ce vendredi 10 octobre 2025.


