
La militante de la société civile ivoirienne Pulchérie Édith Gbalet affirme être la cible d’une « tentative d’assassinat politique déguisée ». Dans un communiqué rendu public vendredi, le Conseil de Coordination de la Résistance Citoyenne (CCRC) dénonce une opération menée la veille par des hommes armés et encagoulés, qui ont fait irruption au domicile de l’un de ses proches, M. Sery Abdul, à Abobo Biabou, cité BNETD.
“Violence” et “intimidation”
Selon le communiqué, les faits se sont produits jeudi 16 octobre 2025, vers 17 heures. Les assaillants, venus à la recherche de Mme Gbalet, ont ouvert le feu, saccagé la maison avant d’arrêter arbitrairement M. Sery et son épouse, accusés de dissimuler la militante. Le CCRC parle d’un acte d’intimidation politique destiné à « étouffer la voix de la résistance et semer la peur autour de Mme Gbalet ».
« Cet acte de violence et d’intimidation est une tentative d’assassinat politique déguisée », déclare le communiqué signé par le CCRC, qui décrit une « opération de terreur » menée dans un contexte de tensions politiques croissantes à l’approche de la présidentielle du 25 octobre.
Mme Gbalet, présidente de l’organisation Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI), est connue pour ses prises de position contre ce qu’elle qualifie de « quatrième mandat illégal » du président Alassane Ouattara. Elle dénonce régulièrement les atteintes aux libertés publiques et les arrestations arbitraires visant des militants ou opposants au pouvoir en place.
Le communiqué du CCRC fait également état d’autres menaces visant des membres de son mouvement. « La responsable ACI de Bingerville a reçu un appel masqué d’un homme affirmant connaître sa localisation et la menaçant directement », indique le texte. Faustin Kipré, responsable communication de l’ACI et community manager personnel de Mme Gbalet, aurait pour sa part été cité, dès le mois d’août, sur une « liste noire » de personnes à arrêter avant la fête nationale du 7 août 2025.
« Chasse à l’homme »
Ces faits, selon le CCRC, s’inscrivent dans une série de manœuvres destinées à « réduire au silence les voix dissidentes » et à intimider les défenseurs des droits humains. Mme Gbalet, qui s’était déjà illustrée en 2020 par son opposition au troisième mandat du chef de l’État, dit faire face à une « chasse à l’homme orchestrée contre la résistance citoyenne ».
Elle exprime sa solidarité à ses proches et collaborateurs « victimes d’une répression politique sans précédent », et appelle la communauté nationale et internationale à « rester vigilante face aux atteintes graves aux droits humains ». Le CCRC invite notamment les organisations de défense des droits de l’homme à se mobiliser et à dénoncer les intimidations visant les militants pro-démocratie.
« Rien ne nous fera reculer », conclut le communiqué, réaffirmant la détermination du mouvement à poursuivre son engagement pour la justice et la démocratie.
Aucune réaction officielle des autorités ivoiriennes n’était disponible vendredi soir. Le ministère de l’Intérieur n’a pas encore commenté ces allégations d’arrestation arbitraire et de menaces visant la militante.
Pulchérie Gbalet, figure emblématique de la société civile ivoirienne, reste un visage central de la contestation du pouvoir depuis plusieurs années. Déjà arrêtée à plusieurs reprises par le passé pour ses activités militantes, elle continue de dénoncer, à travers l’ACI et le CCRC, ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire du régime.


