En moins de deux mois, le Mouvement des générations capables (MGC), dirigé par Simone Ehivet Gbagbo, est secoué par une importante vague de démissions. Selon une enquête publiée par Enquête Média, 107 responsables et militants auraient quitté leurs fonctions.
Le Mouvement des générations capables (MGC) traverse une période particulièrement délicate. Alors que la formation politique de Simone Ehivet Gbagbo ambitionnait de renforcer son implantation sur l’ensemble du territoire ivoirien après la présidentielle d’octobre 2025, le parti fait face, depuis fin8 juin 2026, à une succession de départs qui touche plusieurs niveaux de son organisation.
Selon Enquête Média, cette crise organisationnelle s’est accélérée à partir du 29 juin 2026, avec la démission du professeur Klognimban Dominique Traoré, vice-président et numéro deux du MGC. Ce départ aurait constitué un tournant majeur dans la vie interne du mouvement. Un cadre démissionnaire, cité sous couvert d’anonymat par le média, estime que cette décision a poussé plusieurs responsables à s’interroger sur leur avenir au sein de la formation.
« C’est à partir de là que beaucoup ont commencé à réfléchir à leur propre position », aurait confié ce responsable.
Depuis, la vague de départs s’est progressivement étendue à plusieurs régions du pays, mais également aux structures de la diaspora.
Une saignée dans le Nord
Les structures du MGC dans le nord de la Côte d’Ivoire figurent parmi les plus touchées.
Au niveau des districts et des régions, plusieurs responsables ont quitté leurs fonctions. Il s’agit notamment de Coulibaly Hermès, vice-président du District des Savanes, Ouattara Irayoumon, coordonnateur régional du Tchologo, Camara N’Klo, coordonnateur régional du Hambol, Coulibaly Fatou, coordonnatrice régionale du Poro, et Koné Souleymane, coordonnateur régional de la Bagoué.
La saignée s’est également poursuivie dans les structures départementales
Ont notamment annoncé leur départ : Yeo Plégnanmon Djacaridja, à Ferkessédougou, Sanogo Djoufolo Lassina, à Ouangolodougou, Yéo Ouenewenon, à Kong, Zouzou Kouamé Hugues, à Katiola, Coulibaly Tchounse Ferdinand, à Dabakala, ainsi que Ouattara Pénatchonron Thierry et son adjoint Koné Talnan Kimima, à Niakara.
À cette liste s’ajoutent Silué Alaman à Korhogo, Coulibaly Ibrahima à M’Bengué, Sekongo Yves à Dikodougou, Coulibaly Mamadou à Sinématiali et Yeo Kotiéléoua à Tengréla.
Dans les structures locales, le mouvement aurait également enregistré le départ de 30 coordonnateurs fédéraux et 31 animateurs de base. La crise ne s’est pas limitée aux structures territoriales. Le cabinet du professeur Traoré a lui aussi été affecté. Konaté Ibrahim, vice-président du District du Béré et directeur de cabinet, ainsi que Gbocho Syntiche, vice-présidente de la Jeunesse et assistante, auraient décidé de rendre leur démission. Selon la même source, plusieurs collaborateurs directs de l’ancien numéro deux du MGC auraient également suivi le mouvement.
La vague de départs s’est ensuite étendue au sud du pays. Mme Agnero Yeblé, épouse Meless, vice-présidente du District des Lagunes, aurait également quitté ses fonctions. Le 24 août, de nouveaux départs auraient été enregistrés. Parmi les responsables concernés figurent Mme Gohourou Irène, vice-présidente chargée de la Politique nationale de solidarité, et Dr Ago Marthe Zadi, vice-présidente du District du Gôh.À Abobo 3, 45 militants auraient également officialisé leur retrait, venant renforcer une crise qui touchait déjà cette coordination locale.
La diaspora n’est pas épargnée
La crise dépasse désormais les frontières ivoiriennes. Dès le mois de juillet, plusieurs responsables de la Diaspora Amériques auraient quitté leurs fonctions. Parmi eux figureraient le vice-président du District Diaspora Amériques, la coordonnatrice pays USA, le délégué du Conseil de la Communication Diaspora Amériques, ainsi que la déléguée du Conseil des Femmes capables des USA et l’ensemble de son bureau. Le coordonnateur sectoriel de Boston, son bureau et plusieurs militants de cette coordination locale auraient également quitté le mouvement.
En Europe, le vice-président chargé des relations avec les Organisations de l’Union européenne aurait, lui aussi, rendu son tablier.
Sur le plan national, Konan Norbert, coordonnateur régional de Yamoussoukro, avait déjà quitté le navire. Une première vague de départs avait également fragilisé la coordination d’Abobo 3 avant le retrait collectif des 45 militants enregistré en août.
Une crise qui interpelle la direction
En l’espace de quelques semaines, les départs ont ainsi touché plusieurs échelons du MGC : direction nationale, responsables régionaux, structures départementales, coordinations locales et organisations de la diaspora.
Selon Enquête Média, cette succession de démissions traduit un profond malaise organisationnel au sein de la formation politique de Simone Gbagbo.
Pour certains anciens responsables, les départs seraient le résultat d’un mécontentement progressivement installé.
« Nous avons choisi de partir ensemble, après de longues discussions », aurait expliqué un ancien responsable du Hambol, évoquant un « ras-le-bol » mûri collectivement.
Face à cette situation, la direction du MGC et sa présidente Simone Ehivet Gbagbo n’auraient, à ce stade, apporté aucune clarification publique détaillée sur les raisons de cette vague de démissions.
Aucune annonce officielle concernant une éventuelle restructuration du mouvement n’aurait non plus été communiquée. Avec 107 démissions annoncées en moins de deux mois, selon les chiffres rapportés par Enquête Média, le MGC se retrouve donc face à un sérieux défi organisationnel. Reste désormais à savoir si cette vague de départs constitue une crise passagère ou le début d’une recomposition plus profonde du mouvement.



