Le PDCI-RDA, principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire, a décrété un « gaspillage massif des ressources publiques » après la suppression des 12 districts autonomes, cinq ans après leur création.
Réuni en 39e session, son secrétariat exécutif a estimé que cette décision, intervenue fin janvier 2026, « confirme les critiques formulées dès l’origine » contre une réforme jugée « coûteuse et peu pertinente ».
Selon le parti dirigé par Tidjane Thiam, ces districts, créés en juin 2021, ont coûté « plus de 68 milliards de francs CFA » aux contribuables ivoiriens. Ils ont mobilisé plus de 450 agents, dont au moins 300 fonctionnaires.
Face à cette situation, le secrétariat exécutif du PDCI-RDA s’est insurgé contre une mobilisation inefficace des ressources humaines, affirmant que des cadres qualifiés ont occupé « des postes jugés inopérants » pendant plusieurs années. Cette situation aurait, selon le principal parti d’opposition, contribué à affaiblir des secteurs clés comme la santé, l’éducation, l’agriculture et les infrastructures.
Le Conseil conclut à un gaspillage massif des ressources publiques et exige la reddition des comptes ainsi que des mesures correctives immédiates
Le parti souligne que ces ressources pourraient être orientées vers des projets sociaux prioritaires, évoquant notamment la construction de près de 7 000 salles de classe ou de 1 310 centres de santé rurale. Il estime également qu’elles pourraient financer des activités génératrices de revenus au profit des jeunes et des femmes, permettant de sortir plus de 13 000 personnes de la précarité.
Le PDCI-RDA regrette que le gouvernement ait attendu cinq ans avant de « reconnaître implicitement l’inutilité » de ces structures, dont les compétences étaient, selon lui, redondantes avec celles des préfets de région et des administrations déconcentrées.
« Le Conseil conclut à un gaspillage massif des ressources publiques et exige la reddition des comptes ainsi que des mesures correctives immédiates », a indiqué le parti dans un communiqué.
La crise de l’électricité
Par ailleurs, le secrétariat exécutif a exprimé sa « vive indignation » face aux difficultés persistantes dans le secteur de l’électricité. Il dénonce des coupures récurrentes, une hausse des tarifs et un manque de transparence dans la facturation, dans un contexte de vie chère.
Le PDCI-RDA critique également un modèle énergétique qu’il juge favorable à un opérateur privé, estimant qu’il « garantit la sécurisation des profits tout en transférant les risques sur les populations ».
Selon le parti, cette situation conduit à ce que « les consommateurs paient davantage pour un service de qualité en baisse ». Le PDCI-RDA appelle ainsi à une transparence totale sur les tarifs, à la réalisation d’un audit indépendant du secteur, à des mesures immédiates d’allègement pour les ménages et à une réforme structurelle du système électrique.



