
À quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne électorale, les femmes du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) préparent une mobilisation massive en faveur d’Alassane Ouattara. Awa Sylla, Dr Ebah Bobo Cathérine, Mme Diaby Makani, membres du bureau national des femmes du parti, détaillent les raisons qui, selon elle, justifient un large soutien des femmes ivoiriennes lors du scrutin.
En 2020, le président ivoirien Alassane Ouattara, 78 ans, a été réélu pour un troisième mandat controversé sur le score fleuve de 94,27% des voix au premier tour, l’opposition ayant boycotté le scrutin, selon les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI). Cette victoire au premier tour était largement dû la participation massive des femmes. Cette fois-ci encore, elles comptent assurer le « coup K.O ». L’enjeu est énorme au regard des chiffres issus du fichier électoral. 8 727 431 électeurs sont inscrits sur la liste électorale définitive qui se compose de 51,66 % d’hommes et de 48,34 % de femmes. Le nombre de lieux de vote s’élève à 11 906, et celui des bureaux de vote à 25 678, marquant une progression respective de 989 et 2 154 unités.
Les raisons en valent une chandelle
La première raison avancée est la reconnaissance à l’égard du président sortant. « C’est nous, les femmes, qui nous sommes levées les premières pour le solliciter, lui demandant de poursuivre son action », affirme Awa Sylla. Elle rempile sur ce qu’elle appelle un « vote de remerciements » pour le travail accompli. La paix et la sécurité retrouvées figurent en bonne place dans ce bilan. La militante cite que, contrairement à « ces années où l’on ne dormait pas, et la liberté était absente, les femmes peuvent désormais vaquer librement à leurs activités, quelles qu’elles soient, à tout moment ». Cet apaisement, souligne-t-elle, profite directement aux femmes, souvent premières victimes en temps de crise. Le développement des infrastructures est également évoqué comme un facteur majeur d’amélioration des conditions de vie et d’autonomisation. Les routes construites facilitent la mobilité des femmes, essentielles dans les activités économiques et sociales. « Nous bénéficions de ces commodités, et c’est une raiso
L’égalité du genre : Une avancée inscrite dans les faits
Le deuxième argument clé porte sur la promotion de l’égalité des sexes, un principe que la Constitution ivoirienne a intégré dès 2016. Awa Sylla revient sur l’ensemble des mesures législatives et des politiques nationales initiées depuis lors, visant à promouvoir les droits et l’autonomisation de la femme. Elle évoque notamment la protection contre la violence faite aux femmes et aux jeunes filles, ainsi que la mise en place de nombreux programmes soutenant financièrement les femmes dans leurs activités économiques. Pour elle, sans la présence d’Alassane Ouattara à la tête du pays, ces avancées majeures n’auraient pas été possibles. « S’il n’existait pas, il aurait fallu le créer », lance-t-elle. Elle invite ainsi les femmes à voter massivement pour lui, tout en reconnaissant que le chemin reste long et que des efforts doivent encore être menés. Le président lui-même resterait conscient des défis à relever, avec plusieurs chantiers en cours. Lorsque la question des adversaires politiques est abordée, Awa Syl
« Nous ne sous-estimons pas les concurrents, mais nous appuyons notre campagne sur les résultats concrets obtenus et la vision d’un développement accru et équilibré pour la Côte d’Ivoire », explique-t-elle. Cette lecture positive se fonde sur un bilan jugé visible et palpable aux yeux de la population.
Par ailleurs, l’avancée du leadership féminin sous le mandat d’Alassane Ouattara constitue un autre élément renforçant la légitimité du candidat. La militante Sylla liste plusieurs figures politiques majeures, ministres d’État ou présidentes d’institutions, qui incarnent cette dynamique. Elle évoque également l’ouverture progressive des secteurs traditionnellement masculins aux femmes, dans la fonction publique, mais aussi dans les forces armées et les secteurs techniques, comme le numérique ou les sciences. Ce changement s’accompagne d’une volonté d’encourager les femmes et les filles à s’impliquer davantage dans la vie publique. Elle s’appuie sur le rôle du président dans cette évolution, notamment par sa confiance accordée à la gent féminine, reflet d’une société plus moderne et inclusive.
Une stratégie de campagne basée sur la proximité et la cohésion
Dans une seconde intervention, Dr Ebah Bobo Cathérine, présidente régionale UF-RHDP dans la région du Sud-Comoé, évoque les enjeux que le parti doit considérer à l’approche du scrutin. Elle cite la sécurité comme prioritaire pour garantir un déroulement paisible des activités économiques et sociales. L’éducation figure aussi en bonne place, pour doter la jeunesse des compétences nécessaires à sa pleine intégration dans la vie nationale. L’autonomisation des femmes est un autre volet crucial. Dr Ebah indique de nombreuses femmes, souvent occupant une place importante dans l’économie informelle, de voir leurs activités reconnues et facilitées afin qu’elles contribuent davantage à l’économie formelle. La santé, déjà sous attention, est aussi citée comme un domaine prioritaire.
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La responsable politique rappelle que ces enjeux motivent le programme cohérent porté par le président Ouattara, dont la candidature est présentée comme un gage de continuité et de confiance. Elle adoube par la prise en compte de tous les territoires du pays dans ce programme, ainsi que sur l’attention portée à la jeunesse. Concernant la campagne elle-même, elle annonce une mobilisation résolue des femmes, en particulier via leurs associations et coopératives, pour mener une campagne de proximité. Dans cette optique, le porte-à-porte sera privilégié, afin de toucher les indécis et garantir une participation record, notamment des électrices. Les échanges devront se faire dans un esprit de respect, sans violence ni discours haineux, afin d’attirer un maximum de soutien et préserver la cohésion sociale. Cette organisation structurée repose sur un encadrement progressif par petits groupes, avec un suivi régulier jusqu’au jour du vote.
La diaspora un pilier essentiel de la mobilisation
Diaby Makanevi, vice-présidente du Sénat et membre du bureau des femmes du RHDP en charge de la diaspora, s’attèle à la mobilisation au sein des diasporas, internes comme extérieures. La diversité des origines géographiques des Ivoiriens résidant hors de leur région d’origine, nécessite une approche toute singulière car cette diaspora constitue un vivier électoral. Sa stratégie inclut des tournées dans plusieurs grandes villes et régions pour organiser le vote des membres de la diaspora, qui représentent une part non négligeable des électeurs. Elle rappelle que cette mobilisation ne doit pas être considérée comme acquise, mais travaillée avec soin pour garantir un taux élevé de participation. L’approche adoptée privilégie également les contacts directs, en se rendant dans les villages et auprès des groupes les plus éloignés des centres urbains. L’importance d’une campagne de proximité – notamment par le porte-à-porte – est à nouveau mise en avant.
Un bilan en faveur des femmes et un appel à la mobilisation
Plusieurs responsables évoquent enfin les réalisations positives en matière de promotion féminine, citant la construction d’écoles de proximité qui facilite l’accès des filles à l’éducation, ainsi que les quotas instaurés dans les institutions officielles favorisant une meilleure présence des femmes. Le rôle direct du président et de sa Première dame dans la mise en place de Fonds d’appui aux femmes est souligné comme un facteur d’amélioration des conditions de vie et d’autonomisation.
Ce bilan solide et tangible nourrit l’appel à la mobilisation. Il s’agit pour les femmes de témoigner leur reconnaissance et leur confiance, et d’affirmer leur rôle dans la défense et la poursuite des progrès réalisés.
Les forces féminines du RHDP s’apprêtent à jouer un rôle déterminant dans la campagne électorale, conduites par la reconnaissance des acquis et l’espoir d’un avenir encore meilleur sous la présidence d’Alassane Ouattara. Le maillage territorial ainsi que l’organisation de terrain promettent une mobilisation intense, tournée vers la cohésion et une participation électorale record. Cette dynamique féminine s’entrelace parfaitement avec la stratégie globale du RHDP, symbolisant à la fois la force et la volonté d’un camp à s’imposer dans une campagne déterminante pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.


