Feu Yodé Gaston, président de la coordination Tonkpi Man (FPI) et technicien à la SICTA Abidjan, décédé le 14 décembre dernier à Abidjan, est issu d’une famille de militants PDCI. Mais, lui, a choisi de militer au FPI. L’organisation de ses obsèques va opposer sa famille aux militants FPI, ce qui fait que son cercueil « refusera » de rentrer dans la tombe. C’est un article publié par Soir Info, le 3 janvier 1998, soit 27 ans, jour pour jour.
Tout le monde sait qu’en Côte d’ivoire, les obsèques de militants de parti s’organisent avec faste. Mais quand le défunt ne milite pas dans le même parti que ses parents, l’organisation devient très compliquée. C’est donc à l’issue d’une concertation que la famille du défunt Yodé Gaston et les militants FPI vont décider de retenir les 26, 27 et 28 décembre pour les obsèques.
Pour équilibrer les choses, les charges seront partagées entre le FPI et la famille. Ainsi le FPI devrait prendre en charge la logistique, la tombe et le repas, pendant que la famille se chargerait de l’achat du cercueil, l’accueil et autres charges.
Au dernier moment, la famille, pour, des raisons coutumières, décide de prendre la charge de la tombe. Elle va donc dégager 200 000 FCFA au cimetière familial à Melapleu, village natal du défunt dans la sous-préfecture de Man.
Le 28 décembre dernier, date de l’enterrement du militant du FPI, le cercueil ‘’refuse’’ de rentrer dans la tombe qui s’est avérée trop exiguë. Cela va crérer le courroux des militants du FPI qui prendront cela comme un affront à un de leurs membres.
Une table sera tout de suite dressée au cimetière, sur laquelle chaque militant passera pour faire son meeting, sous le regard impuissant des parents. Pendant que le ministre Dion Sadia et le docteur Flindé Albert, premier adjoint au maire de Man, respectivement ami et parent du défunt, avaient du mal à calmer les esprits. Quelques parents et militants s’affairaient à refaire la tombe.
L’enterrement de feu Yodé Gaston, prévu pour le 28 décembre 1997 à 8H, e fera finalement à 17H, après de longues disputent entre les deux parties.
Notons qu’à la levée de corps à Abidjan, le piquet d’honneur avait été au départ refusé aux militants du FPI. Et après une entrevue avec la famille, on décidera d’accorder seulement 2 heures de temps aux militants, qui devaient s’incliner, une dernière fois sur le corps de leur camarade.
Vivement que le corps du pauvre fils de militant du PDCI qui a, au nom de la démocratie, choisi d’être militant du FPI, repose en paix à Melapleu, le village de ses aïeux.
Doumbia Balla Moïse
(Correspondant permanent à Man)



