
Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) en collaboration avec plusieurs partenaires régionaux et internationaux, la conférence campera sur les progrès scientifiques, les nouvelles stratégies de contrôle, ainsi que les approches concertées en matière de prévention, diagnostic et traitement d’une fièvre hémorragique virale particulièrement meurtrière. La fièvre de Lassa est endémique dans certaines zones d’Afrique de l’Ouest et cause un lourd tribut en termes de morbidité et mortalité.
Renforcer la coopération régionale contre la fièvre de Lassa et les maladies émergentes
En Afrique de l’Ouest, la fièvre de Lassa est une maladie virale aiguë et potentiellement mortelle, transmise à l’homme par contact avec des rongeurs infectés. Bien que les estimations officielles fassent état de 100 000 à 300 000 infections annuelles, de récentes études suggèrent que le nombre réel pourrait atteindre 2,7 millions, indiquant une importante sous-estimation. Le virus, endémique dans la région, provoque initialement des symptômes grippaux mais peut évoluer vers une forme hémorragique grave, avec des complications neurologiques et des défaillances d’organes.
Si le taux de létalité global est d’environ 1 %, il s’élève à 15 % chez les patients hospitalisés et peut atteindre 30 % chez les femmes enceintes, faisant de la fièvre de Lassa un défi majeur de santé publique.
Placée sous le thème « Au-delà des frontières : renforcer la coopération régionale pour combattre la fièvre de Lassa et les maladies infectieuses émergentes », la rencontre s’ouvrira par une cérémonie inaugurale présidée par le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé. Le programme comprend des allocutions de haut niveau, des panels de haut niveau et plusieurs ateliers techniques. Parmi les sujets abordés, on notera les avancées dans le développement des vaccins et des outils diagnostics ; l’importance de l’engagement communautaire et des stratégies de préparation ; la surveillance épidémiologique et la riposte ; ainsi que les cadres politiques nécessaires à un contrôle durable de la maladie. Un dialogue ministériel de haut niveau réunira le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, le ministre de la Santé du Nigeria, Professeur Muhammad Ali Pate, et son homologue ivoirien, Pierre N’Gou Dimba, approuvant la dynamique collaborative entre États de la région.
Un enjeu sanitaire et socio-économique pour la région
La fièvre de Lassa représente une menace sérieuse pour la santé publique. Environ un cas sur cinq évolue vers une maladie grave, affectant plusieurs organes vitaux tels que le foie, la rate ou encore les reins. En l’absence de vaccins et de traitements antiviraux agréés, ses conséquences sont aussi importantes sur le plan socio-économique, notamment dans les zones rurales et défavorisées où la maladie sévit. La conférence vise à rapprocher chercheurs, décideurs et communautés pour traduire les avancées scientifiques en actions concrètes sur le terrain. Les exposants présenteront les dernières innovations développées par des institutions de recherche, des ONG et le secteur privé. Des sessions de réseautage permettront de renforcer les partenariats régionaux et internationaux.
ELFIC 2025 bénéficiera d’une forte participation des ministres de la Santé des États membres de la CEDEAO, ainsi que de représentants d’organismes comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), la KfW et d’autres acteurs engagés dans la riposte aux épidémies.
Le Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, Directeur général de l’OOAS, a rappelé que cette conférence constitue « un appel à l’action pour relever les défis persistants liés à la fièvre de Lassa, en faisant progresser la recherche, les diagnostics et les solutions dirigées par les communautés, tout en renforçant les stratégies de préparation et de riposte face aux maladies zoonotiques ». Cette réunion d’Abidjan consolidera la coopération régionale et internationale face à une maladie qui continue de peser lourdement sur plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’un moment stratégique pour aligner les forces afin de protéger les populations et limiter l’impact sanitaire et économique de la fièvre de Lassa.


