À l’occasion de ses 75 ans, le Centre national de transfusion sanguine de Côte d’Ivoire (CNTS-CI) veut franchir un nouveau cap. L’institution ambitionne de constituer un fichier de 100 000 donneurs réguliers, avec au moins trois dons par an, et de porter les collectes quotidiennes à 2 000 poches.
De 1951 à 2026, la transfusion sanguine ivoirienne aura traversé trois quarts de siècle. Pour célébrer cet anniversaire, le CNTS-CI organisera, du 14 septembre au 9 octobre 2026, une série d’activités à Abidjan et dans plusieurs localités du pays.
La cérémonie officielle d’ouverture se tiendra le 14 septembre au siège du CNTS-CI, à Treichville. Des campagnes de don de sang, des activités de sensibilisation, des journées portes ouvertes et des manifestations décentralisées sont également prévues dans les régions et départements. Le programme s’achèvera le 9 octobre avec l’inauguration du nouveau bâtiment du CNTS-CI à Treichville.
Le pari des 100 000 donneurs
Mais derrière ce jubilé, le CNTS-CI entend surtout répondre à un enjeu de santé publique : assurer durablement la disponibilité de sang sûr pour les patients.
L’ambition affichée est de collecter 2 000 poches de sang par jour et de constituer un fichier d’au moins 100 000 donneurs donnant leur sang au minimum trois fois par an.
Pour le Dr Yassongui Mamadou Sekongo, directeur général du CNTS-CI, l’enjeu est désormais de passer du don occasionnel à une véritable fidélisation des donneurs. “Donner du sang une fois, c’est bien”, souligne le directeur général, avant d’insister sur l’importance d’une régularité des dons. Selon lui, disposer de donneurs revenant plusieurs fois dans l’année permettrait de sécuriser davantage les stocks et de mieux répondre aux besoins des établissements sanitaires.
Le responsable du CNTS-CI estime que l’objectif de 100 000 donneurs réguliers est réaliste. “100 000, ce n’est pas un million, ce n’est pas dix millions, ce n’est pas cent millions”, fait-il valoir, appelant à une mobilisation collective autour de cet objectif.
Faire du don de sang un réflexe citoyen
Le Dr Yassongui Mamadou Sekongo veut ainsi inscrire le don de sang dans une démarche de solidarité nationale. Les 75 ans du CNTS-CI devraient servir de levier pour sensibiliser davantage les populations et renforcer la fidélisation des donneurs. “Dans les différentes villes du pays, des campagnes de collecte seront organisées afin de mobiliser les citoyens autour de cette cause.”, a précisé le directeur du CNTS-CI.
L’objectif, explique le directeur général, est de faire évoluer les comportements : “ne plus attendre une urgence ou une campagne ponctuelle pour donner son sang, mais intégrer ce geste dans les habitudes citoyennes.”
De la poche de sang au lit du malade
Le jubilé sera également l’occasion d’expliquer au grand public les différentes étapes du parcours transfusionnel.
À travers les journées portes ouvertes, les visiteurs pourront découvrir comment un donneur est sélectionné, comment le prélèvement est effectué, mais aussi comment le sang est analysé, sécurisé, conservé et finalement acheminé vers le patient. Cette démarche doit permettre de mieux faire comprendre les exigences liées à la sécurité transfusionnelle.
Le CNTS-CI entend par ailleurs revenir sur les différentes crises sanitaires auxquelles le système transfusionnel ivoirien a dû faire face, notamment le VIH, les hépatites et les infections émergentes.
“Les 75 ans seront aussi l’occasion de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont contribué à construire le système transfusionnel ivoirien.”, précise le Dr Yassongui Mamadou Sekongo.
Le CNTS-CI prévoit également de mettre en lumière les grandes figures qui ont marqué l’histoire de la transfusion sanguine en Côte d’Ivoire et contribué à son développement.
Après 75 années d’existence, le CNTS-CI veut également préparer l’avenir. L’innovation scientifique et technologique constitue l’un des axes majeurs du programme.
Les outils développés pour améliorer la sécurité transfusionnelle seront présentés au public, tout comme les travaux de chercheurs ayant contribué à faire progresser les connaissances dans le domaine du sang.
Pour le Dr Yassongui Mamadou Sekongo, cette modernisation est devenue incontournable. Le CNTS-CI veut disposer d’un système capable de résister aux crises sanitaires futures et de répondre aux exigences croissantes en matière de sécurité et de qualité.
Un nouveau siège pour accompagner la transformation
Le 9 octobre constituera le point culminant du jubilé avec l’inauguration du nouveau siège du CNTS-CI à Treichville.
Le bâtiment, présenté comme une infrastructure moderne et connectée, doit renforcer les capacités opérationnelles de l’institution. Il comprendra notamment des espaces de travail, des locaux dédiés aux donneurs, des salles de conférence ainsi qu’un datacenter destiné à héberger et sécuriser les données.
Une unité de soins d’appui aux structures sanitaires est également prévue, avec une unité thérapeutique transfusionnelle et des capacités d’hospitalisation. Le nouveau dispositif doit permettre au CNTS-CI de renforcer son rôle au sein du système de santé ivoirien et d’améliorer la prise en charge de certains patients nécessitant des soins transfusionnels.



