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RDC- Ebola: l’OMS a annoncé le déploiement de 70 000 doses du vaccin Ervebo

La République démocratique du Congo recevra 70 000 doses du vaccin Ervebo pour renforcer la réponse contre l’épidémie de virus Ebola Bundibugyo. L’annonce, faite par le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins, intervient alors que la maladie progresse rapidement et met les équipes médicales sous forte pression.

Cette allocation répond à une demande du gouvernement congolais adressée la semaine précédente au stock mondial de vaccins contre Ebola. Elle prévoit 20 000 doses destinées à un essai clinique de phase 3 et 50 000 doses réservées aux professionnels de santé ainsi qu’aux acteurs de première ligne. L’arrivée des doses apporte un soutien attendu dans les zones touchées. Elle ne lève toutefois pas toutes les incertitudes. Le vaccin Ervebo a été conçu et homologué contre le virus Ebola du Zaïre, responsable notamment de la grande épidémie ouest-africaine de 2014 à 2016. Son efficacité contre la souche Bundibugyo n’est pas encore établie chez l’être humain.

La réponse médicale en observation
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les premières données disponibles en laboratoire et sur des modèles animaux laissent penser que le vaccin pourrait offrir une certaine protection. Seul l’essai clinique permettra d’obtenir des éléments plus solides sur son efficacité contre cette souche. Les personnes vaccinées devront donc recevoir une information complète sur les bénéfices possibles, les limites du produit et les risques éventuels. Leur consentement éclairé demeure une condition essentielle, aussi bien dans le cadre de l’essai que pour les vaccinations destinées aux personnels exposés. L’essai clinique attendu revêt une importance particulière. Il doit à la fois contribuer à la protection des communautés et produire des données scientifiques utiles pour les prochaines décisions sanitaires. L’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies soutiennent une réponse associant les équipes médicales et les communautés locales.

Depuis la mise en place du mécanisme consacré à Ebola en 2021, plus de 56 000 doses d’Ervebo avaient déjà été attribuées à la RDC jusqu’en juillet 2026
Cette approche de proximité est déterminante dans un contexte où la méfiance, les rumeurs et l’éloignement des structures de santé compliquent le travail des intervenants. La vaccination ne peut donc être dissociée de l’information, de la surveillance épidémiologique, de la prise en charge des malades et de la recherche des contacts. Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie de Bundibugyo est devenue la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Les autorités ont fait état de 2 325 décès, dépassant le bilan de 2 299 morts enregistré lors de l’épidémie de 2018 à 2020. Le nombre de cas confirmés atteignait 4 945 selon les dernières données rapportées par les Nations unies. Le taux de létalité s’établissait à 46%, tandis que plusieurs centaines de patients restaient isolés ou hospitalisés. Plus d’un millier de personnes avaient toutefois recouvré la santé. La situation pèse également sur le personnel médical. Plus de 160 agents de santé auraient contracté le virus et 40 seraient décédés, selon les informations communiquées par la coordination onusienne de la réponse à Ebola.

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Dans l’est du pays, les combats entre les forces gouvernementales et le M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs sources internationales, ainsi que la présence d’autres groupes armés, compliquent l’accès aux populations. Des centres de santé ont été fermés ou endommagés, tandis que les déplacements de milliers de personnes rendent le suivi des contacts et l’organisation des inhumations sécurisées plus difficiles. Le contexte sécuritaire transforme la lutte contre Ebola en opération à haut risque. Les équipes doivent atteindre des localités parfois isolées, travailler dans des zones instables et convaincre des populations déplacées de se faire dépister ou vacciner. Des informations de presse font également état d’initiatives prises par le M23 dans les territoires qu’il contrôle. Le groupe armé affirme disposer de structures sanitaires chargées de la surveillance des maladies et aurait annoncé la suspension de certains transports partagés entre les zones sous son contrôle et celles administrées par Kinshasa.

La sphère sanitaire mondiale mobilisée pour la cause de cette région
Pour les autorités sanitaires, la priorité demeure l’accès aux communautés, la sécurisation des équipes, la disponibilité des moyens logistiques et la restauration de la confiance. L’OMS a annoncé une intensification de ses opérations dans tous les domaines : surveillance, dépistage, soins, prévention des infections, mobilisation communautaire et recherche. Les pays voisins, notamment le Soudan du Sud et la République centrafricaine, sont également placés en état d’alerte. La RDC, la Centrafrique, le Congo, le Soudan du Sud et l’Ouganda ont convenu de renforcer la coopération en matière de surveillance et de préparation aux urgences sanitaires. Le Groupe international de coordination, composé notamment de l’OMS, de l’UNICEF, de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que de Médecins sans frontières, coordonne l’accès aux vaccins d’urgence lors des grandes épidémies. Gavi, l’Alliance du vaccin, contribue au financement du stock.

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Depuis la mise en place du mécanisme consacré à Ebola en 2021, plus de 56 000 doses d’Ervebo avaient déjà été attribuées à la RDC jusqu’en juillet 2026. D’autres campagnes préventives ont été conduites au bénéfice de personnels de santé et d’agents de première ligne dans plusieurs pays africains. Cette nouvelle allocation offre un appui important aux communautés touchées et aux équipes engagées sur le terrain. Elle ne constitue toutefois qu’un élément de la riposte. Dans les zones frappées par l’insécurité, la réponse devra avancer avec la vaccination, les soins, l’information du public, le soutien aux familles et la coopération transfrontalière.

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