05012026Headline:

‘’Girls Solidarity’’: Woman Leader lance le projet pour la scolarisation de 30 jeunes filles

L’accès des filles à une éducation de qualité demeure l’un des plus grands défis en Côte d’Ivoire, en particulier dans les zones rurales où pauvreté, mariages précoces et grossesses en cours de scolarité limitent leurs chances de poursuivre leurs études. Consciente de cette réalité préoccupante, l’ONG Woman Leader a lancé, le jeudi 4 septembre 2025, au siège de l’UNICEF à Abidjan, son ambitieux projet « Girls Solidarity », destiné à soutenir la scolarisation de 30 jeunes filles issues de milieux défavorisés sur une période de trois ans.
La cérémonie de lancement a réuni plusieurs personnalités de marque, parmi lesquelles la ministre de la Cohésion sociale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Mme Myss Belmonde Dogo, le directeur général de la Fondation Orange, M. Habib Bamba, la directrice générale de l’Agefop, Mme Karitia Coulibaly De Medeiros, Mme Brou Georgette représentant la ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, ainsi que l’Ambassadeur de la Tunisie en Côte d’Ivoire, SEM Zied Saadaoui.

Un programme sélectif et structurant
Dans son allocution, Mme Tara Ninkiema Koné, présidente du conseil d’administration de l’ONG Woman Leader, a rappelé l’urgence de la situation. « En Côte d’Ivoire, le taux de maintien des filles dans le secondaire reste préoccupant. En milieu rural, nous sommes encore à 24,5 %, et vous convenez avec moi que ce taux reste très faible », a-t-elle indiqué. Pour elle, cette disparité freine considérablement l’accès des filles à l’éducation, à l’autonomie et à leur prospérité.

La ministre Belmonde Dogo en compagnie de la PCA de l’ONG Woman Leader, Mme Tara Ninkiéma KonéLa ministre Belmonde Dogo en compagnie de la PCA de l’ONG Woman Leader, Mme Tara Ninkiéma Koné
Face à ce constat, le projet « Girls Solidarity » propose un accompagnement complet. Pendant trois ans, 30 jeunes filles seront suivies, qu’elles soient brillantes, moyennes ou en difficulté. Pour cette première année, 10 élèves particulièrement méritantes, mais vulnérables, ont été retenues.

 

Nous croyons en la qualité avant la quantité. Notre ambition est d’impacter positivement et durablement la vie de ces jeunes filles.


Le programme repose sur plusieurs piliers : mentorat scolaire, formation digitale via le parcours ISLE, accompagnement vers l’insertion professionnelle et bourses d’études. Grâce aux partenariats tissés avec le secteur privé, l’ONG entend offrir à ces jeunes filles des opportunités concrètes pour bâtir leur avenir. « À Woman Leader, nous croyons en la qualité avant la quantité. Notre ambition est d’impacter positivement et durablement la vie de ces jeunes filles », a insisté Mme Ninkiema Koné.

La représentante résidente adjointe de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Mme Stirbu Mariana, s’exprimant au nom de M. Jean François Basse, a salué l’initiative, soulignant qu’elle constitue « un pas de plus dans la lutte contre les inégalités qui freinent encore l’accès des filles à l’éducation ». Selon elle, malgré les progrès accomplis ces dernières années, seulement 24 % des filles parviennent à terminer le second cycle du secondaire, un chiffre qui chute encore davantage dans les campagnes.

L’intervention de Habib Bamba
De son côté, le directeur général de la Fondation Orange, Habib Bamba, a expliqué que son institution a trouvé dans « Girls Solidarity » un projet en parfaite cohérence avec ses cinq axes stratégiques, dont l’éducation et la promotion du genre. « Nous sommes particulièrement heureux d’accompagner Woman Leader dans cette initiative qui correspond parfaitement à notre engagement », a-t-il affirmé.

Quant à la directrice générale de l’Agefop, Karitia Coulibaly De Medeiros, elle a accepté d’endosser le rôle de mentor avec enthousiasme. « Ce programme m’offre l’opportunité d’accompagner ces jeunes filles à découvrir leurs talents, à écouter leurs ambitions et à suivre leurs rêves », a-t-elle confié.

Le programme s’inscrit en droite ligne des politiques publiques mises en œuvre par le professeur Mariatou Koné pour promouvoir l’éducation des filles et lutter contre leur abandon scolaire
La représentante du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Mme Brou Georgette, a qualifié le projet d’« ambitieux et inspirant », rappelant qu’il s’inscrit en droite ligne des politiques publiques mises en œuvre par le professeur Mariatou Koné pour promouvoir l’éducation des filles et lutter contre leur abandon scolaire.

L’ambassadeur de Tunisie en Côte d’Ivoire, SEM Zied Saadaoui, a également apporté son soutien à l’initiative, félicitant Woman Leader pour son engagement en faveur de l’égalité des chances.

Inscrire le projet dans la durée
Mais c’est surtout la ministre de la Cohésion sociale, Myss Belmonde Dogo, qui a donné une résonance particulière à l’événement. Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité d’inscrire le projet dans la durée. « Nous ne parrainons pas seulement des filles, nous parrainons un projet pour qu’il s’inscrive dans le temps. Ce n’est pas faire de la charité, c’est construire la femme d’aujourd’hui. Une jeune fille qui apprend est une femme qui gagne », a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs annoncé que son ministère accompagnera les dix ménages des jeunes bénéficiaires durant toute l’année scolaire 2025-2026, en leur garantissant notamment l’accès à la Couverture Maladie Universelle (CMU) et à d’autres programmes sociaux. « Notre ambition est de créer un impact holistique, afin d’obtenir des résultats durables », a-t-elle précisé.

Nous devons avoir cinquante parrains l’année prochaine pour soutenir cinquante nouvelles jeunes filles
La ministre a enfin lancé un appel à la mobilisation collective : « Nous devons avoir cinquante parrains l’année prochaine pour soutenir cinquante nouvelles jeunes filles. La différence entre la zone rurale et la zone urbaine est criarde, il nous faut agir ensemble. »

Au-delà du soutien immédiat à dix jeunes filles, le projet « Girls Solidarity » se veut un laboratoire d’expériences dont les résultats seront documentés et utilisés comme outil de plaidoyer pour une extension à plus grande échelle. L’objectif est clair : contribuer à l’égalité des chances, réduire les disparités de genre dans l’éducation et former une nouvelle génération de femmes autonomes et leaders.

Espoir et détermination
À l’issue de la cérémonie, un sentiment d’espoir et de détermination régnait parmi les partenaires et les mentors présents. Tous ont reconnu que l’éducation des filles est un levier essentiel de développement durable, et que chaque effort investi dans ce domaine produit des retombées positives non seulement pour les bénéficiaires directes, mais aussi pour leurs familles, leurs communautés et l’ensemble de la nation.

Avec « Girls Solidarity », l’ONG Woman Leader démontre qu’il est possible d’agir concrètement pour changer le destin des jeunes filles vulnérables. Si l’initiative réussit à mobiliser davantage de soutiens dans les années à venir, elle pourrait bien devenir un modèle inspirant pour d’autres organisations et un catalyseur pour une transformation sociale durable en Côte d’Ivoire.

What Next?

Recent Articles