Un litige foncier à Bessikoi suscite une vive polémique. Après des plaintes relayées sur les réseaux sociaux, le ministère de la Construction tente d’apaiser les tensions et clarifier les attributions foncières.
Un litige foncier agite la commune de Cocody, plus précisément le lotissement de Bessikoi. L’affaire, qui a explosé sur les réseaux sociaux, met en cause l’attribution de la parcelle 1294, îlot 135, et pose de sérieuses questions sur la gestion du foncier urbain en Côte d’Ivoire.
Face à la polémique grandissante et à la multiplication des plaintes, le ministère de la Construction a convoqué les parties concernées pour tenter d’apaiser la situation et clarifier les faits.
Une vidéo qui relance la question du droit foncier
Tout commence le samedi 8 février 2025, lorsqu’une vidéo postée sur les réseaux sociaux fait le buzz. On y voit Dame Traoré dénoncer l’occupation illégale de son terrain situé à Bessikoi.
« Je suis victime d’une spoliation. On m’a pris mon terrain, et je ne sais plus à qui m’adresser », déclarait-elle, visiblement désemparée. Son témoignage suscite une vague d’indignation.
Les investigations menées auprès du ministère de la Construction, par l’Observatoire International des questions de Droit (OID-CI), ont révélé plusieurs éléments clés.
Dame Traoré est en conflit avec une autre personne concernant le lot 1294, îlot 135, situé dans le lotissement de Bessikoi. L’adversaire de Dame Traoré a déposé une demande d’Arrêté de Concession Définitive (ACD) en janvier 2020, et son titre a été signé en février 2023.
Son dossier comprend des attestations villageoises datant de 2018 et actualisées en 2021, toutes signées par le chef du village de Djorogobité 2. En revanche, Dame Traoré a déposé sa demande d’ACD en juillet 2024, mais celle-ci a été rejetée en août 2024 au motif que le lot était déjà attribué.
Un réseau de spoliation dénoncé
Au fil des jours, d’autres plaintes émergent. Un imam, Cissé, ainsi qu’un troisième plaignant, M. N’Goran Léon, affirment eux aussi être victimes de la même personne.
Selon des témoignages relayés sur les réseaux sociaux, un certain “CB l’invisible”, d’origine malienne, serait à la tête d’un réseau bien implanté au sein du ministère de la Construction, lui permettant d’obtenir des ACD frauduleux. Des révélations qui ne font qu’accroître la frustration des citoyens.
Le ministère tente d’apaiser les tensions
Face à cette situation, le ministère de la Construction, sous l’impulsion du ministre Bruno Nabagné Koné, a décidé d’agir. Le lundi 10 février 2025, le Directeur Général de l’Urbanisme et du Foncier (DGUF), M. Kra Kouman, et le Directeur de la Communication et des Relations Publiques, M. Check Koné, ont reçu les différentes parties impliquées dans ce litige.
Lors de cette réunion, M. Kra Kouman a insisté sur la nécessité d’analyser minutieusement tous les documents fournis par les parties avant de tirer des conclusions.
« Il est nécessaire d’analyser tous les documents fournis par chacune des parties avant de tirer des conclusions », a-t-il déclaré.
Il a également appelé au calme et à la patience, assurant que le ministère ferait tout son possible pour établir la vérité et identifier les véritables propriétaires des parcelles concernées.
Les plaignants, dont l’imam Cissé, ont exprimé leur confiance envers les autorités. « Il nous a donné quelques orientations. Nous faisons confiance en nos autorités et on espère avoir une suite favorable », a-t-il affirmé.
Vers une réforme des attributions foncières
Cependant, cette affaire met en lumière les lacunes du système actuel, notamment la multiplication des attributions de parcelles sur la base d’attestations villageoises, souvent sources de conflits.
Pour pallier ce problème, l’Attestation de Droit d’Usage Coutumier (ADU) est entrée en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Elle vise à mettre un terme aux attributions multiples et aux conflits qui en découlent.
Toutefois, cette réforme suffira-t-elle à restaurer la confiance des citoyens et à assainir le secteur foncier ?
En attendant, les protagonistes de cette affaire, comme Dame Traoré, l’imam Cissé et M. N’Goran Léon, espèrent que justice leur sera rendue et que leurs droits à la propriété seront enfin reconnus et respectés.



