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Côte d’Ivoire/ Duékoué : Un conflit foncier fait 1 mort, plusieurs blessés et des portés disparus

Des affrontements communautaires entre allogènes malinké et autochtones, le week-end écoulé ont fait un mort, plusieurs blessés, des portés disparus et plusieurs dégâts matériels.


La quiétude de la sous-préfecture de Bagohouo, localité située dans le département de Duékoué, a été brutalement perturbée par de violents affrontements communautaires ayant opposé des allogènes malinkés à des autochtones. Le bilan est lourd : un mort, plusieurs blessés, des personnes portées disparues et d’importants dégâts matériels, notamment des habitations et des plantations incendiées.

L’origine du drame
Selon des sources locales concordantes, le drame trouve son origine dans un conflit foncier. Tout serait parti d’une altercation entre Ballié Jocelyn, un jeune autochtone bien connu dans le village, et un jeune allogène exploitant une parcelle de terre. Mécontent de l’exploitation présumée de son terrain, Ballié Jocelyn aurait tenté d’empêcher ce dernier d’y accéder. La discussion aurait rapidement dégénéré, donnant lieu à des violences physiques. Le jeune autochtone aurait malmené son vis-à-vis au cours de l’altercation.

Humilié et blessé, le jeune allogène serait allé chercher du renfort auprès des membres de sa communauté. Ces derniers, venus en grand nombre, auraient organisé une expédition punitive. Ballié Jocelyn aurait été violemment passé à tabac. Grièvement blessé, il a été évacué d’urgence à l’hôpital de Nidrou, où il a malheureusement succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

En l’espace de quelques heures, le village s’est transformé en un véritable champ de bataille
L’annonce de son décès a provoqué une onde de choc à Bagohouo. Parents, amis et connaissances du défunt, sous le coup de l’émotion et de la colère, auraient décidé de venger leur frère. En l’espace de quelques heures, le village s’est transformé en un véritable champ de bataille. Des affrontements ont éclaté entre les deux communautés, avec des scènes de violence d’une rare intensité.

Des maisons ont été incendiées, des plantations ravagées et plusieurs personnes blessées dans les échauffourées. Certaines sources évoquent également des disparitions dont le nombre exact reste à déterminer. La peur et la psychose se sont installées dans la localité, contraignant plusieurs familles à fuir temporairement leurs domiciles.

L’intervention de la gendarmerie
Alertées, les autorités administratives et sécuritaires ont rapidement sollicité l’intervention des forces de l’ordre. La gendarmerie est intervenue pour rétablir l’ordre et éviter une escalade plus grave. Grâce à ce déploiement, la situation a pu être progressivement maîtrisée. Plus d’une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Duékoué. Une enquête a été ouverte afin de situer les responsabilités et faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ces événements.

Si le calme est officiellement revenu, les séquelles demeurent profondes. La belle cohésion sociale qui prévalait jusque-là entre allogènes et autochtones à Bagohouo semble aujourd’hui fragilisée. Les populations autochtones, en particulier, sont inconsolables. Elles pleurent Ballié Jocelyn, décrit comme un frère, un petit frère, un petit-fils et pour certains, un grand frère. Sa disparition brutale laisse un vide immense au sein de sa famille et de la communauté.

Les autorités locales appellent au calme, à la retenue et à la responsabilité de tous
Au-delà du drame humain, cette tragédie remet une fois de plus en lumière la question sensible du foncier rural dans l’ouest ivoirien, où les tensions liées à l’exploitation des terres peuvent rapidement dégénérer en conflits communautaires. Les autorités locales appellent au calme, à la retenue et à la responsabilité de tous, afin de préserver la paix sociale et d’éviter que de tels événements ne se reproduisent.

En attendant les conclusions de l’enquête, Bagohouo tente de panser ses plaies, entre deuil, inquiétude et espoir d’un retour durable à la cohésion qui faisait jadis sa fierté.

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