
Dans une déclaration empreinte de gravité via Faceboook, Gnamien Konan a souligné que la Côte d’Ivoire ne saurait espérer un développement durable si elle continue à s’appuyer sur une école héritée de l’époque coloniale, pensée avant tout pour former des fonctionnaires. « Oui, nous avons beau construire les plus belles routes et les plus beaux ponts, nous ne serons jamais au rendez-vous de l’avenir si nous demeurons avec l’école coloniale », a-t-il averti.
L’éducation comme priorité nationale
L’ancien ministre a rappelé que, lorsqu’il avait initié la création de l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire, son objectif n’était pas de suivre une mode, mais de répondre à deux défis majeurs : la massification et l’efficacité interne. Selon lui, le véritable enjeu n’est pas seulement d’augmenter le nombre de salles de classe ou le salaire des enseignants, bien que cela reste nécessaire, mais plutôt de définir une vision claire, des objectifs précis et des ambitions à long terme pour l’école ivoirienne.
« L’école, ce n’est pas une charge, c’est un investissement. Et c’est même l’investissement le plus important », a insisté Gnamien Konan. Pour lui, l’éducation doit être considérée comme le socle du développement économique, social et culturel du pays.
L’un des points centraux de son appel est la nécessité de mettre fin à la politisation du système éducatif
L’un des points centraux de son appel est la nécessité de mettre fin à la politisation du système éducatif. Trop souvent, selon lui, les décisions relatives à l’école sont dictées par des considérations partisanes plutôt que par une réflexion sur l’intérêt national. Il plaide donc pour la construction d’un consensus national autour de l’école ivoirienne, un pacte républicain qui engagerait toutes les forces vives – politiques, sociales, économiques et culturelles – à soutenir une réforme profonde.
« Créons un consensus national autour de cette institution. Faisons cela par amour pour notre pays et sa jeunesse », a-t-il exhorté, estimant que seule une telle union sacrée permettra de mettre fin aux dysfonctionnements récurrents du système éducatif.
La lutte contre la corruption comme levier
Revenant sur son parcours politique, Gnamien Konan a rappelé que sa volonté de réformer l’école ivoirienne avait motivé son engagement. Il a d’ailleurs fait le lien avec son combat contre la corruption. Pour lui, les ressources financières existent en Côte d’Ivoire, mais elles sont souvent mal utilisées ou détournées. « J’ai parlé d’éradiquer la corruption pour trouver les moyens nécessaires afin de financer la réforme de notre système éducatif », a-t-il martelé.
Alors que les élèves s’apprêtent à reprendre le chemin des classes, ce message sonne comme une interpellation forte. Pour Gnamien Konan, continuer à repousser les réformes structurelles de l’école équivaut à hypothéquer l’avenir de la jeunesse et, par conséquent, celui de la nation entière.
Que puis-je faire d’autre ?
Dans un ton à la fois solennel et désabusé, il a conclu : « Que puis-je faire d’autre ? Que puis-je dire d’autre ? » Une manière de rappeler que le destin de l’école ivoirienne ne dépend pas d’un seul homme, mais d’une volonté collective.
En appelant à un sursaut national autour de l’éducation, l’ancien ministre invite les décideurs, les parents d’élèves, les enseignants et l’ensemble de la société à reconnaître enfin que l’école est le premier levier de transformation et de prospérité pour la Côte d’Ivoire.


