Le gouvernement ghanéen a officialisé le 26 février 2026 le démarrage de la production réglementée de cannabis à usage médical et industriel à Accra. La réforme autorise uniquement le cannabis contenant moins de 0,3 % de THC
L’objectif affiché est de structurer la filière, d’attirer des investisseurs et de positionner le pays sur un marché international en expansion. Cependant la consommation à des fins récréatives demeure illégale.
Un cadre légal strict et limité au cannabis à faible teneur en THC
Lors d’une conférence de presse tenue le 26 février, le ministre de l’Intérieur a présenté le Cannabis Regulatory Programme comme un mécanisme de contrôle rigoureux de la production. Le gouvernement précise que seules les variétés de cannabis ne dépassant pas 0,3 % de THC, la substance psychoactive qui agit sur le cerveau, sont concernées par cette autorisation. L’usage du cannabis « pour le plaisir » reste interdit par la loi ghanéenne. Les autorités insistent sur le fait que la réforme vise exclusivement les usages médicaux et industriels. Les sites de production devront respecter des règles strictes, notamment l’interdiction de s’installer à moins de 100 mètres d’une école ou d’une zone résidentielle.
le cannabis médical est intégré dans certains protocoles de traitement, notamment en oncologie, dans la prise en charge du VIH ou dans certaines maladies neurologiques
Ce programme s’inscrit dans la continuité d’une loi adoptée en 2023 par le Parlement ghanéen, qui autorisait déjà le ministre de l’Intérieur à délivrer des licences pour la culture du cannabis. Le Cannabis Regulatory Programme vient structurer concrètement cette possibilité en organisant la filière en 11 catégories d’activités, dont la culture, le stockage, la sélection, le transport, l’importation et l’exportation. Le gouvernement précise qu’une licence spécifique sera délivrée par activité. Chaque licence aura une durée de trois ans et ne sera pas renouvelable automatiquement. Cette limitation vise à renforcer le contrôle de l’État sur la filière et à éviter les dérives. Seuls les citoyens ghanéens et les résidents permanents âgés de plus de 18 ans pourront exercer dans ce secteur. Les autorités entendent ainsi réserver les opportunités économiques aux nationaux et encadrer étroitement l’accès à la production.
Un pari économique inspiré des marchés étrangers
Selon une note du ministère de l’Intérieur, cette réforme vise également à attirer des investisseurs et à positionner le Ghana sur un marché mondial en croissance. Le gouvernement cite notamment l’exemple du Canada, où le marché légal du cannabis aurait généré 800 millions de dollars entre 2023 et 2024. Les autorités ghanéennes misent sur le potentiel économique du cannabis médical et industriel, particulièrement dans la transformation pharmaceutique et les produits dérivés à usage thérapeutique. Depuis plusieurs années, le cannabis médical est intégré dans certains protocoles de traitement, notamment en oncologie, dans la prise en charge du VIH ou dans certaines maladies neurologiques.
Le lancement du Cannabis Regulatory Programme place ainsi le Ghana parmi les pays africains qui optent pour une régulation encadrée plutôt qu’une interdiction totale. Toutefois, le gouvernement maintient une ligne claire : aucune tolérance pour la consommation récréative. La réforme ouvre donc un nouveau chapitre pour l’économie ghanéenne, entre encadrement strict, ambition d’investissement et maintien d’une législation pénale sur l’usage non médical du cannabis.
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