Abidjan (Côte d’Ivoire) – Dans un pays où les signes extérieurs de richesse suscitent souvent l’admiration, le curé de la paroisse de Moossou, l’abbé Basile Diané, a fait le choix inverse : celui de la sobriété. Le prêtre a récemment décliné l’offre d’un bienfaiteur qui souhaitait lui offrir une voiture d’une valeur de près de 50 millions de francs CFA, soit environ 76 000 euros.
« Je devais aller la choisir chez le concessionnaire, mais j’ai préféré dire non, fort de mes convictions », a confié le prêtre dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Un religieux doit éviter le luxe ostentatoire et vivre sobrement pour se consacrer aux pauvres. »
Plutôt que d’accepter le véhicule, l’abbé Diané a proposé à son donateur de transformer cette somme en un placement durable destiné à soutenir sa future fondation pour la défense des opprimés et des personnes vulnérables. Selon lui, ce fonds permettra de dégager chaque mois entre 300 000 et 500 000 francs CFA pour financer des actions caritatives en faveur des veuves, des orphelins et des familles en grande précarité.
« Je me serais senti très mal de rouler dans une voiture personnelle de 50 millions alors que des gens autour de moi n’ont pas de quoi payer un loyer ou une hospitalisation. » Ce choix, explique-t-il, découle d’une volonté de « partager le bonheur », d’en faire « un bien inclusif ».
Un geste symbolique dans une société inégalitaire
Le geste du prêtre a été salué sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes y voient un exemple rare d’intégrité et de renoncement dans un contexte marqué par la montée du consumérisme et la méfiance envers certaines figures religieuses accusées de s’enrichir.
Dans une Côte d’Ivoire en pleine mutation, où la réussite matérielle est souvent érigée en modèle, la décision de l’abbé Diané rappelle les valeurs fondatrices de la vocation religieuse : le service, la simplicité et la solidarité.
« C’est une façon de redonner sens à la parole évangélique dans une époque où les moyens prennent souvent le pas sur la mission », commente un sociologue d’Abidjan.
Alors que certains prêtres n’hésitent pas à cultiver une image de prestige, l’attitude du curé de Moossou apparaît comme un contre-exemple salutaire : celui d’un engagement spirituel tourné vers l’autre, loin du luxe et des apparences.



