Les éléments de la Sous-Direction de la Police Criminelle chargée de la lutte contre la traite des enfants et la délinquance juvénile (SDLTEDJ) ont mis fin, le mercredi 18 février 2026, à une tentative de trafic impliquant six mineurs, destinés à être exploités sur des sites d’orpaillage clandestin au Mali. L’intervention a eu lieu à Yamoussoukro, alors que les enfants s’apprêtaient à quitter le territoire national.
Cette opération s’inscrit dans le cadre des actions coordonnées sous l’égide du Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des Enfants (CNS), présidé par la Première Dame, Dominique Ouattara. Elle traduit la vigilance accrue des autorités ivoiriennes face à la recrudescence des réseaux transfrontaliers de traite d’enfants, notamment vers les zones d’exploitation aurifère artisanale.
Les victimes recrutées à Ouragahio
Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes avaient été recrutées à Ouragahio, localité située dans la région du Gôh, département de Gagnoa. Le recruteur présumé, Dougnou Zoukanaé, 20 ans, de nationalité malienne, aurait organisé leur départ vers le Mali, avec pour objectif leur exploitation dans des mines d’or artisanales. Ces sites, souvent informels et dangereux, exposent les enfants à des conditions de travail pénibles, à des risques sanitaires graves et à diverses formes de maltraitance.
Le convoyage du groupe devait être assuré par Traoré Seydou, Ivoirien âgé de 47 ans, présenté comme l’émissaire de Ouédraogo Souleymane, identifié comme l’instigateur du trafic et basé au Mali. Grâce à un dispositif de surveillance mis en place par la SDLTEDJ, les forces de l’ordre ont pu intercepter le convoi avant sa sortie du territoire national, évitant ainsi que les mineurs ne soient livrés à leurs exploitants.
Le recruteur et le convoyeur présumés ont été interpellés puis déférés, le lundi 22 février 2026, devant le Procureur de la République près le Tribunal de Gagnoa
Dans la foulée, une enquête a été ouverte pour démanteler l’ensemble du réseau. Le recruteur et le convoyeur présumés ont été interpellés puis déférés, le lundi 22 février 2026, devant le Procureur de la République près le Tribunal de Gagnoa. Ils devront répondre des faits de traite d’enfants en association à des fins d’exploitation économique, une infraction sévèrement réprimée par la législation ivoirienne.
Les six victimes, âgées de 11 à 17 ans et de différentes nationalités, sont : Tra Bi Oscar (15 ans, Ivoirien), Sangaré Issa (15 ans, Ivoirien), Drabo Mohamed (12 ans, Burkinabé), Souffian Kader (17 ans, Nigérien), Ganamé Idrissa (11 ans, Burkinabé) et Kabré Yacou (13 ans, Burkinabé). Leur diversité nationale met en lumière le caractère transfrontalier du phénomène et la vulnérabilité particulière des enfants issus de milieux précaires.
Les mineurs confiés à des services compétents
Aussitôt après leur interception, les mineurs ont été confiés aux services compétents pour bénéficier d’une prise en charge adaptée. Un accompagnement psychosocial leur est assuré, ainsi qu’une protection appropriée conformément aux dispositifs nationaux en matière de protection de l’enfance. Les autorités entendent également travailler au rapprochement avec leurs familles et, le cas échéant, aux procédures de retour sécurisé.
Cette nouvelle opération illustre la ferme volonté de l’État ivoirien de lutter contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants, en particulier dans le secteur sensible de l’orpaillage clandestin. En collaboration étroite avec le CNS et les unités spécialisées des forces de sécurité, le gouvernement multiplie les actions de prévention, de surveillance et de répression afin de briser les réseaux criminels qui prospèrent sur la vulnérabilité des mineurs.
Au-delà de l’interpellation des suspects, cette affaire rappelle la nécessité d’une mobilisation collective – autorités administratives, forces de sécurité, communautés locales et partenaires internationaux – pour protéger durablement les enfants et garantir le respect de leurs droits fondamentaux.



