
Cette revue conjointe, placée sous la présidence du Premier Ministre Robert Beugré Mambé, mobilise trois ministères clés : le Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, ainsi que le Ministère de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage. Leur collaboration traduit une volonté politique forte de mieux harmoniser les efforts dans un système éducatif unique mais aux multiples composantes.
Une planification intégrée pour un pilotage cohérent
« La meilleure façon pour les ministères de se coordonner, c’est de planifier ensemble, de mettre en œuvre ensemble et d’assurer le suivi ensemble de ce qui a été planifié », a expliqué Mamadou Binaté. Cette approche intégrée s’appuie sur le Plan Sectoriel Éducation-Formation (PSE), couvrant la période 2016-2025, validé par le gouvernement et soutenu par les partenaires techniques et financiers. Ceux-ci y voient une feuille de route crédible pour transformer durablement le système éducatif ivoirien.
L’objectif de cette revue annuelle est de faire un état des lieux rigoureux de la mise en œuvre du plan, d’identifier les acquis et les défis, et de proposer des ajustements pour améliorer l’impact global sur le terrain. À cette fin, un rapport de performance est élaboré chaque année. Il permet de mesurer les progrès réalisés, d’analyser les écarts et d’orienter les politiques futures.
L’édition 2025 de la Revue sectorielle s’articulera autour de trois grands moments
Le premier temps fort sera la présentation du rapport annuel de performance. Ce rapport sera partagé par les directeurs de planification des trois ministères concernés. En complément, la société civile interviendra pour offrir une lecture indépendante et issue du terrain, favorisant un dialogue constructif et contradictoire sur la mise en œuvre des actions.
Le deuxième axe sera un panel de haut niveau animé par les ministres du secteur. Ils auront pour mission d’exposer les grands projets et réformes en cours, en lien avec les difficultés identifiées dans le rapport de performance. Il s’agira de rassurer l’opinion nationale et les partenaires sur les mesures prises pour surmonter les obstacles à court, moyen et long terme.
Une table ronde
Enfin, la troisième phase consistera en une table ronde sur le financement des établissements scolaires et de formation, cœur du thème de cette revue. Mamadou Binaté a souligné l’importance de cette thématique : « Si vous comparez le système éducatif à une entreprise, les établissements sont les unités de production. C’est là que se forme le produit final, c’est-à-dire le diplômé. »
Le constat est clair : pour améliorer la qualité des ressources humaines, il faut s’assurer que les établissements fonctionnent efficacement. Cela implique une réévaluation des moyens financiers et logistiques à leur disposition. La table ronde ambitionne d’apporter des réponses à des questions cruciales : les établissements ont-ils les ressources nécessaires pour remplir leur mission ? Si non, comment mobiliser davantage de financements, notamment via des ressources additionnelles nationales ou des partenariats innovants ?
Les discussions devront esquisser des pistes concrètes de réformes pour faire évoluer le modèle actuel vers un système plus performant, plus équitable et mieux financé
Au-delà du diagnostic, les discussions devront esquisser des pistes concrètes de réformes pour faire évoluer le modèle actuel vers un système plus performant, plus équitable et mieux financé. L’autonomisation des établissements, la responsabilisation des acteurs locaux, ainsi que la transparence dans la gestion des fonds seront autant de leviers à explorer.
La Revue sectorielle conjointe s’inscrit dans une dynamique globale de transformation de l’école ivoirienne. Elle constitue un espace de dialogue stratégique entre l’État, les partenaires techniques et financiers, la société civile et les experts du secteur. Dans un contexte de croissance démographique soutenue et de demande sociale de plus en plus forte, elle représente une opportunité pour ajuster les priorités, renforcer la coordination intersectorielle et placer l’élève et l’apprenant au cœur des politiques publiques.
Le rendez-vous du 14 et 15 juillet pourrait bien marquer un tournant décisif vers une éducation plus inclusive, plus performante et mieux financée, condition indispensable pour bâtir une Côte d’Ivoire émergente, forte de ses ressources humaines.


