
La ville portuaire de San Pedro a connu une vive agitation le mardi 8 juillet 2025, à la suite du décès tragique du jeune motocycliste Traoré Soualio, dans un accident de la circulation survenu au quartier Sotref. Ce drame a provoqué une vague d’indignation parmi la jeunesse locale, qui a tenté de s’en prendre au commissariat de police du 2e arrondissement, situé au quartier Bardot.
Percuté par un camion benne dans sa tentative de fuite
Selon les premières informations recueillies, le jeune homme circulait à moto lorsqu’il a été interpellé par un agent de l’Unité de Régulation de la Circulation (URC) au niveau du carrefour Sotref, à l’entrée de la ville. Traoré Soualio aurait refusé d’obtempérer, préférant prendre la fuite. C’est au cours de cette tentative qu’il aurait été violemment percuté par un camion benne, qui l’aurait ensuite traîné sur plusieurs mètres. Le choc a été fatal : le motocycliste a rendu l’âme sur le coup.
À l’annonce de son décès, la colère a gagné les quartiers environnants. Des jeunes, notamment des artisans, mécaniciens, conducteurs de moto-taxi et des coxers de la gare routière, ont envahi les lieux, accusant les forces de l’ordre d’être responsables de la mort du jeune homme. Selon eux, c’est la manœuvre d’interception de l’agent de l’URC qui aurait précipité la collision mortelle.
Il a fallu l’intervention rapide d’une patrouille du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (CCDO) pour extraire les agents de la foule hostile et éviter un lynchage
La tension est vite montée. Des groupes de jeunes en colère ont attaqué les policiers présents sur les lieux, menaçant même de les passer à tabac. Il a fallu l’intervention rapide d’une patrouille du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (CCDO) pour extraire les agents de la foule hostile et éviter un lynchage.
Malgré deux descentes des autorités préfectorales sur les lieux pour calmer les esprits, les manifestants, de plus en plus nombreux, ont continué à réclamer justice. Certains d’entre eux ont tenté de prendre d’assaut le commissariat du 2e arrondissement, au quartier Bardot, forçant les policiers à faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Des affrontements sporadiques ont éclaté à plusieurs endroits.
La circulation fortement perturbée
La circulation a été fortement perturbée dans la zone comprise entre l’entrée de la ville et la gare routière. Des barrages ont été érigés par les manifestants, et plusieurs voies ont été bloquées par des pneus enflammés. Le quartier Terre Rouge, en particulier, était totalement isolé en fin d’après-midi. Le calme n’a commencé à revenir que vers 16 heures, bien que la situation soit restée tendue en certains points jusqu’en début de soirée.
Jusqu’à 18 heures, des heurts étaient encore signalés autour du commissariat, et l’axe menant de Terre Rouge à Bardot restait impraticable. Au niveau de la gare routière, bien qu’un semblant de calme ait été observé, les braises de la contestation couvaient encore, avec des foyers de tension toujours visibles.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et situer les responsabilités. En attendant, les autorités locales appellent à l’apaisement et au respect des procédures judiciaires.



