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tunisie: Kaïs Saïed, sa volonté d’intégrer l’institution militaire dans la gestion des affaires publiques

Le président tunisien a salué le rôle de l’armée nationale dans plusieurs projets civils, illustrant une présence croissante de l’institution militaire dans la gestion de dossiers économiques et territoriaux.
Le président tunisien Kaïs Saïed a reçu mardi au palais de Carthage le ministre de la Défense nationale, Khaled Shili, pour une réunion consacrée notamment au rôle de l’armée dans les projets publics et les actions d’appui aux populations. Dans un communiqué, la présidence tunisienne a souligné que le chef de l’État avait salué les «efforts incommensurables» des forces armées pour défendre le pays et venir en aide aux citoyens lorsque les circonstances l’exigent.

Au-delà de ses missions traditionnelles de défense, l’armée tunisienne est de plus en plus mobilisée dans des domaines civils, notamment à travers la direction générale du génie militaire, impliquée dans la réalisation de plusieurs projets d’infrastructures dans différentes régions du pays. Le président Saïed a ainsi mis en avant la contribution des forces armées à la mise en œuvre de programmes de développement, présentés par les autorités comme un levier pour accélérer certains chantiers publics.

Cette implication croissante de l’institution militaire dans la conduite de projets civils s’inscrit dans un contexte particulier en Tunisie, marqué par les difficultés économiques persistantes et la lenteur administrative qui entrave régulièrement l’avancement de nombreux projets d’infrastructure. Dans ce cadre, les autorités semblent privilégier le recours à des structures étatiques considérées comme plus opérationnelles pour pallier les retards et les blocages.

Au cours de la rencontre, le chef de l’État a également passé en revue les activités de l’Office de Rjim Maatoug pour le développement du Sud et du Sahara, une institution chargée de promouvoir la mise en valeur des régions sahariennes. Kaïs Saïed a appelé à renforcer le soutien à cet organisme afin de transformer le Sahara tunisien en zones agricoles productives, évoquant des essais qui auraient démontré le potentiel de ces territoires pour la production de fruits et légumes.

Cette ambition de valorisation agricole du sud du pays n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, les autorités tunisiennes mettent en avant les perspectives offertes par l’exploitation des ressources hydriques et des terres sahariennes. Toutefois, ces projets restent confrontés à des défis structurels, notamment en matière d’infrastructures, de gestion de l’eau et de financement.

Dans ce contexte, la mise en avant du rôle de l’armée dans des programmes économiques et territoriaux traduit une stratégie politique qui tend à élargir le champ d’action des forces armées au-delà du strict domaine sécuritaire. Une orientation qui, si elle est présentée par les autorités comme une réponse pragmatique aux urgences du développement, reflète aussi les limites persistantes de l’appareil administratif civil à conduire certains projets structurants dans le pays.

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