
La population autochtone du village d’Abobo-Baoulé, quartier de la grande commune d’Abobo, au nord d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, est en colère. Elle rumine ce courroux que lui « imposent » les villages de Djrogobité 1, Djrogobité 2 et Bawakoua, dont elle est « propriétaire terrienne ». Litige foncier Abobo-Baoulé.
A l’origine de cette situation fâcheuse, une opération d’expropriation qu’elle dénonce, depuis des années. Il y a quelques jours en effet, cette population a crié sa colère, dans une déclaration, en présence de la chefferie Dougbô, la notabilité et la génération Tchagba, au sein du palais du village le plus propre d’Abidjan.
« Ce qui se passe à Djrogobité et à Bahouakoi est grave et révoltant. Cette situation est écœurante, frustrante et même humiliante ! Que dirons-nous à nos enfants demain, si nous ne parvenons pas à régler ce problème ? Si ce n’est que nous demander comment nous avons pu laisser un campement que nous-mêmes avons installé, nous être arraché avec une si importante parcelle de terre ! », dénonce Albert Mobio Ayepi, porte-parole de la génération Dougbô. Qui s’indigne : « Personne ne peut accepter cela.
Nous avons interpelé les autorités compétentes et demandé l’arbitrage du chef de l’Etat Alassane Ouattara dans cette affaire, mais nous n’avons pas été écoutés. Aujourd’hui, la nouvelle trouvaille de nos bourreaux, c’est l’humiliation qu’ils veulent faire subir le chef Claude Amondji, en le trainant devant les tribunaux. Ceux que nous avons accueillis font ça à notre chef ! Nous avons été toujours pacifiques. Mais là, trop, c’est trop !
Nous ne sommes plus prêts à laisser faire ». Pierre Djoman, parmi les dénonciateurs : « Vous serez venus trouver cette zone d’Abidjan en sang et en feu, mais nous avons été éduqués dans un village de paix. Le chef Claude Amondji a toujours prôné la paix. Il a toujours joué la carte de l’apaisement ainsi Il nous avait demandé de faire confiance à la justice ivoirienne. Il nous disait que justice sera rendue. Mais, nous constatons le contraire dans ce qui se fait.
La population du village d’Abobo-Baoulé se dit exacerbée par cette affaire, qui perdure, alors qu’elle a maintes fois interpellé les autorités ivoiriennes, afin qu’une solution soit trouvée. Elle s’affirme convaincue que des groupes d’hommes bien organisés veulent leur arracher leurs terres de Djrogobité 1, Djrogobité 2 et Bawakoua. Voici à cet effet, ce que déclare Augustin, membre de la génération Tchagba Assoukrou : « Nous ne sommes pas contents de nos hôtes.
Nos parents nous ont appris à accueillir et à être hospitaliers, mais il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. A la suite des négociations, le chef Claude Amondji a cédé beaucoup de choses. Et pendant que nous cherchions à régler cette affaire, ces mêmes gens n’ont rien trouvé de mieux que de trainer notre chef devant les tribunaux.
Nous disons donc que c’est une provocation de trop. Ces campements attié que nous avons cependant installés sur nos terres sont allés trop loin, c’est vraiment trop fort ce qu’ils ont fait ! Si nous décidons de régler ce problème nous-mêmes, ce serait une question de seconde ». La colère enfle donc au sein de la population d’Abobo-Baoulé, que le chef Amondji a pu contenir, jusque-là, selon elle. Et les choses pourraient empirer si une solution n’est pas trouvée dans un bref délai !


