Une vaste opération de lutte contre le phénomène des enfants mendiants et vendeurs ambulants a été menée le dimanche 22 mars 2026 dans la ville de Bouaké. Conduite de 8 heures à 12 heures, cette action d’envergure a permis l’interpellation de quarante-trois (43) personnes, dont sept adultes et trente-six mineurs. Elle s’inscrit dans la dynamique des efforts déployés par les autorités ivoiriennes pour endiguer l’exploitation des enfants en milieu urbain.
Cette initiative s’aligne notamment sur la vision portée par Dominique Ouattara , présidente du Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS), qui œuvre activement pour la protection des droits de l’enfant en Côte d’Ivoire. Face à la recrudescence du phénomène, les autorités entendent intensifier les actions de terrain afin de soustraire les enfants à toute forme de vulnérabilité.
Un important dispositif sécuritaire et administratif
Placée sous la supervision du Commissaire de Police de 2e classe Palé Dekéré, chef d’antenne de la Sous-Direction de la Lutte contre le Trafic, l’Exploitation d’Enfants et la Délinquance Juvénile (SDLTEEDJ) de Bouaké , l’opération a mobilisé un important dispositif sécuritaire et administratif. Ont notamment pris partie à cette intervention, l’antenne locale de la SDLTEEDJ, la Préfecture de Police ainsi que le District de Police de Bouaké. Cette synergie d’actions a permis de quadriller plusieurs zones stratégiques de la ville, souvent identifiées comme des points de concentration de ces activités informelles impliquant des mineurs.
Au terme de cette opération, les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation de sept adultes, dont un homme et six femmes, ainsi que trente-six enfants mineurs. Selon les premières informations recueillies, la majorité des personnes interpellées serait de nationalité nigérienne et malienne, ce qui met en lumière la dimension sous-régionale de ce phénomène préoccupant.
En ce qui concerne les enfants, il a ordonné la saisine des structures sociales compétentes en vue de leur prise en charge adéquate.
Les individus arrêtés ont été conduits dans les locaux de la SDLTEEDJ pour les besoins de la procédure. Informé de la situation, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Bouaké a instruit le déferrement des adultes devant le parquet. En ce qui concerne les enfants, il a ordonné la saisine des structures sociales compétentes en vue de leur prise en charge adéquate.
Dans cette perspective, plusieurs acteurs institutionnels ont été mobilisés. Le Directeur régional du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Samassi Mory, ainsi que le responsable du complexe socio-éducatif de Koko, Djoman Jean-Jacques, ont été impliqués dans le dispositif d’assistance. Par ailleurs, le Directeur de Cabinet du ministère, Moussa Diarassouba, a été saisi afin de faciliter la coordination des opérations d’accueil et de suivi social.
7 adultes et 5 nourrissons restés dans les locaux de la police
Au total, sur les quarante-trois personnes interpellées, les sept adultes ainsi que cinq nourrissons sont restés dans les locaux de la police en attendant leur présentation devant les autorités judiciaires. Quant aux trente-et-un enfants mineurs, ils ont été transférés au complexe socio-éducatif de Koko, où ils bénéficient d’une prise en charge illustrée.
Cette prise en charge s’est faite en présence de représentants communautaires, notamment Saliou Abdoulaye, responsable des ressortissants nigériens, et Abdoul Aziz Diarra, président des ressortissants de la CEDEAO à Bouaké, afin de garantir une meilleure médiation sociale.
À travers cette opération, les autorités ivoiriennes réaffirment leur détermination à lutter contre l’exploitation des enfants et à restaurer leur dignité. Elle a également traduit une volonté claire de renforcer les mécanismes de protection sociale et de coopération communautaire pour éradiquer durablement ce fléau dans les centres urbains du pays.



