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Yamoussoukro : La communauté Bouddhiste appelle à un sursaut collectif pour préserver la paix en Côte d’Ivoire

La paix en Côte d’Ivoire ne doit plus être un simple idéal, mais une réalité collective bâtie sur des actes concrets, sincères et durables. C’est le message fort porté par le Directeur Général de la Soka Gakkai Internationale-Côte d’Ivoire (SGI-CI), Koffi Kouamé Rémi, lors de la Grande Cérémonie Commémorative du 3 juillet, organisée le dimanche 6 juillet 2025 au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro. L’événement, placé sous le signe de la paix et de la spiritualité, a réuni plus de 20 000 pratiquants bouddhistes venus de tout le pays.

Cette cérémonie, célébrée chaque année dans le monde entier par les fidèles de la SGI, commémore un épisode fondateur du mouvement : la libération de prison, le 3 juillet 1945, de Josei Toda, deuxième président de la Soka Gakkai. Emprisonné durant la Seconde Guerre mondiale pour ses convictions bouddhistes, Josei Toda symbolise la force du lien entre maître et disciple, un principe central de cette école spirituelle fondée sur les enseignements de Nichiren Daishonin.

Raviver la foi et renouveler l’engagement pour la paix
Pour les membres de la SGI-CI, cette date est non seulement une occasion de raviver la foi, mais surtout de renouveler leur engagement pour la paix, la culture et l’éducation, valeurs cardinales du mouvement. Cette année, l’événement s’est déroulé dans un contexte national particulièrement sensible, à quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Conscient des tensions grandissantes et des crispations politiques, le Directeur Général de la SGI-CI a saisi cette tribune pour lancer un appel solennel à la classe politique et à l’ensemble des populations. « Ma propre lecture de la situation actuelle m’amène à dire que la paix est menacée, et chacun rejette la faute sur l’autre. Il est temps de revoir nos comportements », a-t-il déclaré avec gravité, en s’appuyant sur la célèbre maxime du président Félix Houphouët-Boigny : « La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement. »

Il a exhorté les Ivoiriens à ne plus tourner le dos à la paix, mais à la rechercher avec foi et détermination, à l’instar des disciples bouddhistes qui puisent dans leur spiritualité la force d’agir en faveur du bien commun
Le DG a insisté sur le fait que la paix véritable ne se limite pas aux discours. Elle s’incarne dans « toutes les pensées, paroles et surtout les actions sincères, courageuses et sans artifice ». Il a exhorté les Ivoiriens à ne plus tourner le dos à la paix, mais à la rechercher avec foi et détermination, à l’instar des disciples bouddhistes qui puisent dans leur spiritualité la force d’agir en faveur du bien commun.

« L’Abidjanaise, notre hymne national, nous appelle à être fiers Ivoiriens, à répondre à l’appel du pays. Mais cet appel est-il celui du chaos, du désordre, ou bien celui du rassemblement et de la cohésion ? », a-t-il interrogé, avant d’y répondre en évoquant l’idéal du bouddhisme de Nichiren : « bâtir une patrie de vraie fraternité. »

Transformer l’actuelle tendance
Dans un discours inspirant, Koffi Kouamé Rémi a encouragé les participants à s’investir davantage pour transformer l’actuelle tendance aux divisions en un tremplin vers une paix durable et “contagieuse”. Il a rappelé que la SGI-CI s’est engagée depuis des années sur le chemin de la transformation intérieure comme levier du changement social. « Accompagnez les bouddhistes de la SGI-CI dans ce combat spirituel pour une Afrique libre, stable et unie », a-t-il plaidé.

Le thème de la commémoration portait sur le lien fondamental entre maître et disciple, principe central du bouddhisme de la SGI. Le DG a expliqué que ce lien s’exprime dans la volonté du disciple de vivre et de propager les idéaux du maître, sans compromis. « Cette commémoration doit être l’occasion pour chaque bouddhiste de prendre un nouveau départ, de se réengager pour le bonheur et la dignité des êtres humains. »

Soyons ces successeurs dignes, ces promoteurs de paix et de stabilité à travers nos pensées, nos paroles et surtout nos actions, au service du bonheur des êtres humains
Koffi Kouamé Rémi a par ailleurs exhorté ses coreligionnaires à transcender leurs différences, leurs statuts, pour former un exemple vivant d’unité dans la diversité. Une exigence morale qu’il juge indispensable dans un monde en proie à la division, à la haine et à l’indifférence. « Soyons ces successeurs dignes, ces promoteurs de paix et de stabilité à travers nos pensées, nos paroles et surtout nos actions, au service du bonheur des êtres humains », a-t-il insisté.

Présent à cette célébration, le Directeur Général Adjoint des Cultes, M. Kouyaté Zoumana, représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, a salué l’engagement de la SGI-CI pour la paix. « Rien n’est plus précieux que la paix. Rien ne procure plus de bonheur que la paix. La paix est le point de départ indispensable à tout progrès de l’humanité », a-t-il affirmé, rejoignant ainsi l’esprit du message délivré par la communauté bouddhiste.

Toutes les communautés religieuses appelées à porter ensemble le flambeau de la paix
Il a, au nom du ministre Vagondo Diomandé, appelé toutes les communautés religieuses à porter ensemble le flambeau de la paix, à prier pour la stabilité du pays et à œuvrer pour une Côte d’Ivoire unie, belle et prospère à léguer aux générations futures.

Cette cérémonie du 3 juillet 2025 à Yamoussoukro aura été bien plus qu’une simple commémoration spirituelle. Elle a été un cri du cœur, une exhortation à revenir à l’essentiel : la paix, cette richesse inestimable, à protéger coûte que coûte, surtout à la veille d’échéances électorales potentiellement explosives. Une voix bouddhiste s’est levée à Yamoussoukro pour appeler à la raison et à l’unité. Reste à savoir si elle sera entendue.

 

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