La nouvelle n’a surprise personne au sein du continent. À Rabat, lors de la cérémonie des CAF Awards 2025, Achraf Hakimi a vraisemblablement été désigné Joueur africain de l’année. Une récompense que beaucoup annonçaient depuis plusieurs semaines, tant la saison du latéral marocain avait laissé une impression durable dans les esprits. Au-delà du trophée, c’est une trajectoire solide que le défenseur du Paris Saint-Germain a poursuivie, confirmant son rang dans un football où la constance finit toujours par parler.
Dans une salle comble, le public marocain a célébré l’un des cadres des Lions de l’Atlas. Déjà finaliste des éditions 2023 et 2024, Hakimi a cette fois franchi une étape supplémentaire. La concurrence était pourtant relevée, avec l’Égyptien Mohamed Salah et le Nigérian Victor Osimhen parmi les finalistes. Mais au fil de l’année, le PSG avait avancé avec une régularité qui plaçait son côté droit dans la discussion chaque semaine.
Une saison pleine avec Paris
Pour comprendre l’ampleur de cette distinction, il faut revenir sur les performances du joueur tout au long de l’année. Sous la conduite de Luis Enrique, Achraf Hakimi s’est affirmé comme l’une des pièces essentielles du PSG. Champion de France, vainqueur de la Ligue des champions, finaliste de la Coupe du monde des clubs puis vainqueur de la Supercoupe d’Europe, il a joué chaque compétition avec une même endurance. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : quatre buts et six passes décisives en Ligue 1, auxquelles s’ajoutent quatre buts et cinq passes décisives en Ligue des champions . Pour un latéral, ces chiffres témoignent d’un rôle élargi, où le couloir droit devient à la fois point d’appui et zone de percussion. Hakimi a surtout montré sa capacité à répondre présente dans les moments où tout se joue : une but en demi-finale de Ligue des champions contre Arsenal, une autre en finale face à l’Inter Milan. Dans un football où la pression se ressent chaque semaine, ces gestes ont pesé lourd.
Champion d’Angleterre, auteur de statistiques impressionnantes, 29 buts et 18 passes décisives en Premier League, l’Égyptien a, de nouveau, rappelé son importance dans le football européen. Mais l’élimination de Liverpool en huitièmes de finale de Ligue des champions, face au PSG d’Hakimi justement, a rendu la comparaison difficile.
Du côté des autres finalistes, Mohamed Salah a réalisé une saison de haute intensité avec Liverpool. Champion d’Angleterre, auteur de statistiques impressionnantes, 29 buts et 18 passes décisives en Premier League, l’Égyptien a, de nouveau, rappelé son importance dans le football européen. Mais l’élimination de Liverpool en huitièmes de finale de Ligue des champions, face au PSG d’Hakimi justement, a rendu la comparaison difficile. Victor Osimhen, lui, a passé une année plus compliquée, entre blessures et irrégularités à Naples. Au fur et à mesure, la candidature du Marocain apparaissait comme la plus solide. Pour Rabat, cette distinction arrive alors que le pays traverse une période rapide en matière de résultats sportifs. Après le titre mondial des U20, ce nouveau succès renforce la présence marocaine sur la scène africaine.
Une récompense obtenue dans un contexte particulier
La trajectoire d’Achraf Hakimi en 2025 n’a pourtant pas été simple. Le joueur évoluait sous la menace d’une procédure judiciaire en France, une affaire de violation pour laquelle le parquet de Nanterre avait requis un procès en août dernier. Déjà mis en examen en 2023, il avait été placé sous contrôle judiciaire après les premières accusations. Cette situation, suivie de près par les médias européens, n’a pas empêché le joueur d’enchaîner les performances . Lors de son arrivée à Rabat, un détail n’a pas échappé aux observateurs : Hakimi se déplaçait avec une botte de protection à la cheville, conséquence d’une blessure persistante. Malgré cela, il est venu récupérer son trophée, le sourire discret mais visible, comme pour rassurer les supporters à l’approche de la CAN. La sélection marocaine compte sur lui pour retrouver son niveau au plus vite.
Ghizlane Chebbak, symbole de la montée en puissance du football féminin marocain
Du côté du football féminin, une autre Marocaine a été mise à l’honneur : Ghizlane Chebbak, sacrée Joueuse africaine de l’année. Finaliste de la CAN féminine, meilleure buteuse du tournoi, elle poursuit une carrière qui s’étend désormais jusqu’en Arabie saoudite, où elle porte les couleurs d’Al-Hilal. Après avoir dominé la scène nationale avec l’AS FAR, Chebbak s’est affirmé comme l’un des visages du football féminin africain. Son départ pour un championnat en pleine expansion illustre l’évolution de sa trajectoire, portée aussi par une sélection marocaine qui progresse d’année en année. La cérémonie à, une fois de plus, a montré la profondeur du vivier marocain. En début de soirée, deux jeunes talents ont été célébrés : Doha El Madani, attaquante de l’AS FAR, et Othmane Maamma, joueur de Watford, tous deux récompensés comme meilleurs jeunes africains de l’année. Les distinctions se sont ensuite succédées. Si le Nigeria a logiquement remporté le trophée de la meilleure sélection féminine grâce à sa victoire à la CAN, les U20 marocains ont reçu celui de la meilleure sélection masculine. Leur titre mondial reste l’un des faits marquants de l’année écoulée, un moment que le sélectionneur Mohamed Ouahbi est venu rappeler en montant sur scène.
Pyramids FC, nouvelle force du football de clubs
Chez les clubs, les projecteurs se sont tournés vers l’Égypte. Pyramids FC a été désigné meilleur club masculin de 2025 après un parcours solide en Ligue des champions de la CAF. En éliminant les Orlando Pirates puis en remportant la finale contre les Mamelodi Sundowns, le club a confirmé son ascension. Un de ses cadres, Fiston Mayele, a été récompensé comme meilleur joueur interclubs de l’année. Avec neuf buts inscrits dans la compétition, l’attaquant congolais a porté son équipe jusqu’au titre. Chez les gardiens, deux noms bien connus ont poursuivi leur série. La Nigériane Chiamaka Nnadozie a décroché un troisième titre consécutif de meilleure gardienne africaine. Après une saison réussie au Paris FC, couronnée par une victoire en Coupe de France, elle a rejoint Brighton avec l’ambition de franchir une nouvelle étape.
Chez les hommes, le trophée est revenu à Yassine Bounou. Le portier marocain, déjà récompensé en 2023, reste une valeur sûre du continent. Désormais en Arabie saoudite, à Al-Hilal, il poursuit une carrière où les performances de haut niveau s’enchaînent. Pour les entraîneurs, le Cap-Verdien Bubista a été mis en avant après avoir qualifié son pays pour la première Coupe du monde de son histoire. Une prouesse saluée par les techniciens africains présents dans la salle. Au terme de la soirée, le sentiment général était celui d’un football africain en mouvement. Des sélections aux clubs, des jeunes talents aux cadres confirmés, la saison 2024-2025 a mis en lumière une mosaïque de trajectoires . Le Maroc, très visible lors de cette cérémonie, une influence son confirmée. Pour Achraf Hakimi, ce titre vient s’ajouter à une année déjà bien remplie. Le joueur reste concentré sur la suite : soigner sa cheville, retrouver son rythme et mener les Lions de l’Atlas lors de la CAN. Les attentes sont fortes, mais sa capacité à tenir la cadence n’est plus à prouver.



