Le passage de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à une périodicité de quatre ans, annoncé en décembre 2025 par la Confédération africaine de football (CAF), aurait été décidé sans consultation préalable des 54 fédérations membres. C’est ce qu’a révélé le journaliste d’investigation français Romain Molina, dans un entretien accordé à Foot Africa et publié le 3 novembre 2026.
Selon lui, cette absence de concertation aurait notamment contribué aux difficultés ayant conduit l’instance à revenir sur sa décision, le jeudi 29 octobre 2026. « En fait, c’est très simple. Quand ils ont décidé de passer à quatre ans, ils n’ont pas consulté les fédérations. On n’a pas convoqué d’assemblée générale. Les 54 fédérations affiliées l’ont appris comme cela », a affirmé Romain Molina.
Des divergences au sein de la CAF
Le journaliste est également revenu sur les divergences qui auraient entouré cette réforme au sein même du Comité exécutif de la CAF. Selon ses révélations, seuls quatre membres auraient soutenu le projet : Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Souleiman Hassan Waberi, président de la Fédération djiboutienne de football (FDF), et Ahmed Yahya, président de la Fédération de football de la République islamique de Mauritanie (FFRIM).
Quand ils ont décidé de passer à quatre ans, ils n’ont pas consulté les fédérations. On n’a pas convoqué d’assemblée générale. Les 54 fédérations affiliées l’ont appris comme cela
Concernant ces dirigeants africains, Romain Molina affirme qu’ils étaient favorables à cette orientation parce que « tous les quatre s’alignaient toujours sur les intérêts de la FIFA de Gianni Infantino ». « Donc, ça passe en force, personne ne se demande pourquoi et on leur explique que c’est mieux. Moins d’un an après, on explique que, finalement, ce n’était pas une bonne idée », a-t-il ajouté. Le journaliste pointe également une différence de méthode dans la gestion des deux décisions. D’après lui, alors que les fédérations n’auraient pas été consultées lors de l’annonce du passage à une CAN tous les quatre ans, la CAF aurait cette fois sollicité l’avis de ses 54 associations membres avant de rétablir le rythme biennal.
Les enjeux financiers en question
Pour Romain Molina, ce changement de position serait davantage lié aux rapports de force entre la FIFA et l’Union des associations européennes de football (UEFA) qu’à une volonté de défendre les intérêts du football africain. Il estime que le passage à une CAN tous les quatre ans répondait notamment à des préoccupations européennes, avant que l’instance ne fasse marche arrière. Au-delà de la périodicité de la compétition, le journaliste soulève également la question de la situation financière de la CAF.
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Selon lui, la création d’une Ligue des nations africaine, initialement envisagée pour remplacer la CAN biennale, ne permettrait pas à l’instance de générer rapidement des revenus suffisants. Le jeudi 29 octobre 2026, le Comité exécutif de la CAF a officiellement décidé, à l’unanimité, de rétablir l’organisation de la CAN tous les deux ans. Cette décision est intervenue après le réexamen du projet de passage à un cycle quadriennal, annoncé en décembre 2025 par Patrice Motsepe, président de l’instance. La CAF a notamment justifié ce revirement par le délai nécessaire à la Ligue des nations africaine pour produire des retombées financières significatives.



