Le président du Racing Club d’Abidjan, Cissé Souleymane, a affirmé ce jeudi 12 février 2026 qu’il ne pouvait plus rester silencieux ni spectateur après 20 ans de réserve, alors qu’il constate que le championnat ivoirien est en souffrance et que peu d’actions sont entreprises pour améliorer la situation. Il s’est exprimé lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a officiellement annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF).
« En 20 ans, j’ai observé sans dire un seul mot concernant notre football local. Mais depuis quelques années, j’ai constaté que notre championnat souffre de trop de problèmes. En tant qu’enfant de ce pays, je me dois de participer à changer les choses. C’est pour cela que j’annonce officiellement ma candidature afin d’apporter une vision nouvelle au football », a déclaré Cissé Souleymane.
Une candidature portée par la volonté de réformer le football local
Cissé Souleymane a ajouté avoir rencontré l’actuel président de la FIF, Idriss Diallo, pour lui soumettre des propositions, regrettant toutefois que, selon lui, « rien n’a changé ». A cet effet, Le président du Racing Club d’Abidjan affirme vouloir apporter « une vision nouvelle » à la gouvernance du football ivoirien. Rendant hommage aux anciens dirigeants qui « ont fait leur part », il considère néanmoins que le moment est venu « d’élever le niveau » du championnat national.
« Les supporters attendaient le spectacle chaque week-end et arrivaient parfois trois ou quatre heures avant le coup d’envoi. Aujourd’hui, nos stades sont vides, alors que les tournois de quartier continuent de mobiliser du monde », a-t-il observé.
Dans son analyse, la priorité doit être accordée au football de base. Pour lui, une meilleure structuration du football de masse permettrait de réduire la dépendance aux joueurs formés en Europe pour constituer l’équipe nationale. « Si notre base est bien organisée, nous n’aurons pas à aller chercher des joueurs dans les championnats européens », a-t-il soutenu.
Cissé Souleymane s’est également montré critique envers la gestion actuelle du football ivoirien. Il estime que, malgré certains succès, notamment sur la scène internationale, l’attention portée au championnat local demeure insuffisante. « Aujourd’hui, notre football n’est professionnel que de nom. Il n’est pas rentable », a-t-il regretté, rappelant qu’autrefois, les rencontres de championnat attiraient des foules importantes.
Gouvernance, fuite des talents et désaffection du public
« Les supporters attendaient le spectacle chaque week-end et arrivaient parfois trois ou quatre heures avant le coup d’envoi. Aujourd’hui, nos stades sont vides, alors que les tournois de quartier continuent de mobiliser du monde », a-t-il observé. Le candidat pointe également la migration croissante de jeunes talents ivoiriens vers des championnats voisins, notamment au Mali, au Ghana ou au Burkina Faso.
Certains finissent même par changer de nationalité sportive, une situation qu’il juge préoccupante pour l’avenir du football national. « C’est une fuite de talents et ce n’est pas normal. Nous devons créer un environnement capable de retenir nos meilleurs joueurs », a-t-il insisté, soulignant que ce renouveau passe par une gestion plus efficace de l’instance dirigeante.
La candidature de Cissé Souleymane semble déjà bénéficier de soutiens dans le milieu footballistique. Présent à la conférence de presse, Issa Ouattara estime qu’il possède le profil idéal pour diriger la FIF, mettant en avant son expérience acquise en Europe et sa connaissance du terrain local. Il rappelle notamment son passage à la tête de l’AS Monaco ainsi que son rôle dans l’ascension d’un club ivoirien de la ligue amateur à l’élite.
De son côté, Amza Gamal a affirmé « assumer sa position derrière le président Cissé », évoquant le soutien d’au moins onze présidents de club. « Le plus important, ce sont les urnes. Nous ferons tout pour accéder à la tête de la fédération, même si le défi s’annonce difficile », a-t-il déclaré.



