L’arbitre camerounaise Adeline Djonreba a dirigé la rencontre Ouganda – Zambie, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde féminin U20 2026, alors qu’elle est enceinte d’environ cinq mois. La rencontre, disputée le 7 février au FUFA Technical Center Stadium de Njeru, en Ouganda, s’est achevée sur un score de parité (1-1).
Alignée en qualité d’ arbitre assistante, drapeau en main, Adeline Djonreba a multiplié les cours le long de la ligne de touche pendant les 90 minutes, répondant aux exigences physiques de sa fonction. Sa prestation n’est cependant pas passée inaperçue. Des images d’elle en plein arbitrage, relayées sur les réseaux sociaux depuis le 9 février 2026, ont suscité de nombreuses réactions.
« Ce n’est pas normal. Et si le ballon frappait son ventre ? », s’interroge Bédard Sawadogo. Un avis partagé par Ben Aziz Tarbagdo, qui juge qu’« pour la sécurité de sa grossesse, elle ferait mieux de prendre ses distances avec le terrain ».
Si certains internautes ont salué son « courage » et son professionnalisme, d’autres ont exprimé leur inquiétude, estimant qu’une telle situation pourrait représenter un risque pour sa santé ainsi que pour celle du bébé qu’elle attend. Cette séquence a ainsi ouvert le débat entre admiration pour son engagement et préoccupations liées à la sécurité d’un arbitre en état de grossesse.
Une prestation saluée en minorité
Pour certains internautes et observateurs, la présence de l’arbitre camerounais sur le terrain constitue un symbole fort de détermination et d’engagement des femmes dans le sport de haut niveau. Le média NouvelleAfrique a notamment souligné qu’Adeline Djonreba « envoie un message fort sur la place et le rôle des femmes dans le sport ». Et sur les 373 commentaires enregistrés sous cette publication, une infirme partie salue “son courage” et “son professionnalisme”.
L’internaute Ismaël Kaboré a par exemple relativisé les inquiétudes en affirmant que « ce que nos femmes enceintes font au village dépassent largement les exigences du sport ». Pour ces soutiens, sa prestation démontre que la maternité n’empêche pas nécessairement les femmes de poursuivre leurs activités professionnelles, y compris dans des environnements exigeants comme le football.
Risques pour la grossesse évoqués
Cependant de l’autre côté, la majorité des internautes expriment plutôt des inquiétudes. Pour eux arbitrer un match dans un tel état pourrait exposer l’arbitre et son futur enfant aux risques évitables. « Ce n’est pas normal. Et si le ballon frappait son ventre ? », s’interroge Bédard Sawadogo. Un avis partagé par Ben Aziz Tarbagdo, qui juge qu’« pour la sécurité de sa grossesse, elle ferait mieux de prendre ses distances avec le terrain ».
D’autres évoquent la possibilité d’un choc accidentel, d’une chute ou d’un tir puissant pouvant entraîner des complications. Casimir Djolgou souligne ainsi que « ce n’est pas quelque chose qu’il faut saluer », appelant à davantage de prudence. La responsabilité des instances dirigeantes a également été soulevée. L’internaute Morou Bere pointe du doigt la Confédération africaine de football (CAF), estimant que la santé des officiels devrait être prioritaire.
Selon lui, autoriser un arbitre enceinte à diriger une rencontre ne constitue pas « un message fort », mais plutôt « une prise de risque ». Pour l’heure, aucune information officielle n’a été communiquée concernant l’état de santé d’Adeline Djonreba. Figure reconnue de l’arbitrage, elle avait été sacrée meilleure arbitre assistante lors de la cérémonie du Ballon d’Or camerounais en 2025.



