06162021Headline:

On se souvient encore de Moussa Traoré dit Gigla, ses exploits

Natif du quartier de Medina-coura, c’est tout naturellement que Moussa Traoré pose son baluchon au stade Malien de Bamako au début des années 60. Il intègre le « jardin d’enfants » de Ben Oumar Sy et fait ses classes aux côtés des regrettés Mamadou Traoré Bardon et Mamadou Keïta Capi. Au début des années 70, avec ses camardes ils font leurs premiers pas au sein de l’équipe première et remportent la coupe du Mali de football 1970. L’année suivante en coupe d’Afrique des clubs champions, il fait partie de l’équipe victorieuse du Jaraaf (4-0 après avoir été battu 0-3 à Dakar) et du déplacement contre contre l’ASEC d’Abidjan, match au cours duquel l’arbitre annule un but des 35 mètres de Doudou Diakité. Ailier rapide, technique et vif, il ne tarde pas à gagner à sa place en équipe nationale. Le 27 Juin 1971, son but matinal contre la Guinée au stade omnisports, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 72, scie les jambes des guinéens qui s’inclinent 3-1. Retenu par le coach Karl-Heinz Weigang à Yaoundé, il marque le second but du Mali en finale et obtient à l’instar de ses coéquipiers la médaille d’argent, une moto CT et 120 000 Francs maliens. Cette même année, il remporte sa seconde coupe du Mali avec le Stade Malien et obtient le droit de disputer la coupe d’Afrique des clubs champions édition 1973. Après avoir éliminé la Modèle de Lomé, les blancs s’inclinent 0-3 à Bamako devant le Vita club de Kinshasa. Au retour, malgré l’arrivée de la délégation malienne une demie heure avant le début du match, Gigla « assomme » le public Kinois en marquant à la 15ème minute de jeu. Le lendemain la presse kinoise titrait : « Il y a eu une mi-temps pour Moussa Traoré et une autre pour le Vita ». En 1974, il s’envole pour l’hexagone et atterrit à Troyes. Durant son séjour en Aube- champagne, il côtoie deux autres compatriotes à savoir Cheick Fantamady Diallo et Issa Yattassaye. Ce qui faisait d’eux les trois maliens de Troyes. Il quitte Troyes en 1977 pour Besançon et devient l’année d’après meilleur buteur de deuxième division. Entre temps, il est banni de l’équipe nationale en compagnie de certains de ses compatriotes, après avoir opté pour la citoyenneté française. Selon les autorités sportives de l’époque, la double nationalité n’existant pas au Mali, il était hors de question de les convoquer en équipe nationale. En 1980, il signe à Blois et y reste pendant deux ans. En 1981, il effectue son grand retour en équipe nationale, à l’occasion du match qualificatif pour la CAN 82 contre l’Algérie à Bamako. Après le 1-5 de l’aller à Oran, les aigles ont la lourde tâche de marquer 4 buts sans en prendre. Le match débute à 15h et Gigla qui a perdu l’habitude de jouer en Afrique, souffre tout le long de la partie, de la chaleur. A l’arrivée, le Mali s’impose sur le score de 3-0 et ne se qualifie pas pour la CAN libyenne. Deux ans plus tard, contre le Maroc à Bamako, il joue son dernier match avec l’équipe nationale et commence à songer à la retraite sportive. Il est vrai qu’à cette époque, il n’avait plus ses accélérations des années 70 et se faisait régulièrement rattrapé par ses vis à vis. La même année, il quitte Libourne pour finir sa carrière à Blois où il devient éducateur et ensuite entraîneur. En Décembre 1984, il fait ses adieux au public bamakois à travers un jubilé, au cours duquel Santos Mutumbile et Christophe Sagna et Vincent Bracigliano lui rendent un vibrant hommage. Après avoir suivi la CAN 2002 à Bamako, au cours de laquelle il laissait transparaître des signes évidents de fatigue, il s’éteint le 26 Mai 2003. Depuis, un gymnase de la ville de Blois et un comité des supporters du stade Malien de Bamako portent son nom, afin que nul n’oublie, celui qui obligeait les fans de la tribune découverte (soleil) du stade omnisports, à se courber et à se redresser au gré de ses dribbles. Dors en paix Gigla. Sa fille Traore Makeda Mariam, organise un tournoi de futsal tous les ans pour lui rendre hommage. « A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons ».
Mohamed soumaré
Consultant sportif

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