Sexe, vengeance et loups-garous… Depuis un peu plus d’un an, ce qu’on appelle les micro-dramas – mini-séries en format vertical – déferlent sur les smartphones. Scénarios improbables, épisodes ultracourts, ces « soap operas » produits en Asie sont un petit phénomène en Afrique. Dramabox, Freereels, Reelshort… Les applications de streaming vidéo font ainsi partie des plus téléchargées au Kenya, en Angola, au Cameroun, au Nigeria, au Sénégal ou encore en Côte d’Ivoire où certains Abidjanais sont devenus accros.
Trop cher pour Chaloura, étudiante en communication : « Je n’ai pas payé l’abonnement parce que je n’ai pas trouvé ça utile, mais c’est super dérangeant aussi. Oui ça nous accroche bien et donc du coup, ne pas pouvoir regarder la suite là maintenant tout de suite, c’est compliqué… » Chaloura préfère ainsi suivre les micro-dramas en version piratée sur TikTok.
Une véritable science du marketing
Ce succès des microdramas asiatiques en Afrique s’explique par plusieurs facteurs, pour Ana Ballo. Cette productrice ivoirienne observe la montée du phénomène, depuis quelques années dans son pays. En plus de thématiques universelles comme la romance, les plateformes de micro-dramas s’appuient sur l’amélioration de la connexion internet 4G, l’adoption des smartphones et surtout une véritable science du marketing.
« Ces séries dramas-courts arrivent au bon moment. L’accessibilité du smartphone fait que c’est devenu un écran à portée, mais elles réussissent à contourner une difficulté à télécharger un épisode de 26 minutes ou d’une heure de temps. Donc, les populations ont besoin d’avoir du contenu et elles ont besoin d’en avoir tous les jours, et les [plateformes] ont réussi à trouver le juste milieu : “je te donne une petite quantité, tu payes peu, mais tous les jours, tu es là, tu consommes” », explique la productrice.
« Le positionnement, le référencement marketing est réussi, je pense, parce qu’il est accessible. Dès que vous scrollez, au bout de deux, trois contenus que vous avez visités sur les réseaux sociaux, ils se positionnent. Le premier épisode, les gens sont bien stylisés ; quelquefois, avec les décors. On vous impressionne par exemple avec une grosse maison, une jeune fille qui sort avec une robe de princesse, etc. Donc, ça vous accroche. Vous vous dites, mais qu’est-ce que c’est ? C’est cette accroche qui fait, aujourd’hui, le succès de ce genre de contenu en Afrique », conclut Ana Bello.



