09212020Headline:

Côte d’ivoire: 20 000 autres combattants en colère; Voici leurs revendications

frci hommes-encagoulés

Après la grogne des 8400 soldats recrutés selon l’Accord politique de Ouagadougou (Apo) et les 476 ex-Fds (Forces de défense et de sécurité sous Laurent Gbagbo), le mardi 18 novembre 2014, qui réclamaient des arriérés de solde, de baux et de promotion en grade, une nouvelle grève, au sein de la grande muette, pourrait avoir lieu, si rien n’est fait.

Selon une source bien introduite auprès des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), cette grève, de deux ordres, couve sous la cendre. Pour en savoir davantage, nous avons mené des investigations.

L’homme qui nous reçoit, ce vendredi 5 décembre 2014, loin de son bureau, perché au premier niveau de « l’État-major » du 3ème bataillon d’infanterie militaire de Bouaké est très anxieux. Il a la mine grave et le regard plongé dans le vide. Habillé d’un tee-shirt de couleur verte et d’un pantalon treillis, il porte un képi et des lunettes de soleil.

« Je suis nostalgique des années 1980. A l’époque où notre armée était très disciplinée, les soldats ne manquaient pas de respect aux supérieurs. S’il est vrai que ce respect demeure toujours, il est bon de reconnaître tout de même que c’est à un degré moindre. Je suis peiné quand je vois des soldats manquer de respect à leurs chefs supérieurs. Même le chef d’Etat major général n’est pas épargné. A ce rythme, je vous assure que ce sera la catastrophe. Il faut que la discipline et l’ordre hiérarchique soient rétablis, de gré ou de force au sein de notre armée. Je suis vraiment peiné », déplore notre informateur, avant d’aborder le sujet pour lequel nous nous sommes rencontrés.

De la mutinerie des 84 000 soldats, en passant par les réclamations des 476 ex-Fds et le problème des grades, rien n’est oublié. Il est bon de préciser qu’avant cette rencontre, nous avons eu les mêmes informations. Selon notre informateur, après que les soldats ont reçu leur premier versement (le reste sera payé sur 5 mois), comme promis par le chef suprême des armées, le président de la République, Alassane Ouattara, certains soldats sont très souvent pointés aux abonnés absents dans les camps.

A en croire donc ce capitaine, s’il est vrai qu’il y a eu des recalés lors des paiements, il est bon de souligner que tous ces dossiers sont en voie de traitement. « Au niveau des 476 ex-Fds, il y eu effectivement des recalés. Mais le dossier est en bonne voie. Même ceux qui sont morts, tout le monde percevra son argent. Mais là n’est pas le problème. Le vrai problème aujourd’hui, c’est au niveau des recru lors de l’offensive sur Abidjan », fait-il savoir.

Le cas des 20 000 soldats

Selon notre interlocuteur, avant leur offensive sur Abidjan pour faire partir Laurent Gbagbo du pouvoir en 2011, après les élections présidentielles, les Forces armées des Forces nouvelles (Fafn) ont recruté un bon nombre d’éléments que l’ex-Pnrrci (Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire) avait pourtant déjà démobilisés.

A eux, plusieurs autres jeunes volontaires s’étaient ralliés à cette cause sans compter ceux qui ont également été recrutés sur place à Abidjan. Un bon nombre de soldats à gérer. « Donc après l’offensive, tous ces éléments, exactement au nombre de 20 000 soldats sont restés dans les différents camps. Nombreux sont ceux d’entre eux qui sont à nos différentes frontières. Ils n’ont ni numéro matricule, ni numéro mécano. Ils n’ont donc pas de salaire.
Leur salaire, c’est sur le terrain qu’ils le prennent eux-mêmes. Depuis le Debut, je savais que c’était une bombe à retardement. Personne n’y a songé. On me fait dire que c’est le général de corps d’armée Soumaïla Bakayoko, chef d’état major général, qui les a recrutés. Mais pourquoi vouloir toujours rejeter toutes les fautes sur le pauvre général. Il doit avoir le dos large celui-là. La vérité est que le général ne pouvait rien faire pour empêcher ces recrutements », souligne le capitaine, avant de donner d’autres détails.

« Je vous disais donc que ces 20 000 soldats qui ont pourtant été libérés après un message de l’Etat major, il y a un ou deux mois de cela, sont toujours là dans les camps, les corridors et les frontières du pays. Aujourd’hui, ils réclament leur intégration à part entière au sein des Frci. Mieux, ils veulent réclamer eux aussi des arriérés de solde. C’est ça le second problème. Je crois que nous ne sommes pas sortis de l’auberge », confie, avec un pincement au cœur, l’officier des Frci. A l’en croire, si l’on n’y (…) Lire La suite sur Linfodrome

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