
Les relations entre le camp Alassane Ouattara et les occidentaux ne sont plus au beau fixe. Après l’avoir soutenu et aidé à prendre le pouvoir en Côte d’Ivoire le torchon semble brûler entre Ouattara et ses alliés d’hier. Face à cette situation et dans son projet de maintenir son clan au pouvoir en 2020, le chef de l’État ivoirien a jeté son dévolu sur le monde arabe.
Depuis quelques années, les alliés qui ont soutenu Alassane Ouattara pour qu’il accède au pouvoir d’état en Côte d’Ivoire semblent se rebiffer vis-à-vis de leur allié. L’on se souvient de la grande mobilisation de la communauté internationale autour de l’ancien directeur général adjoint du fond monétaire international (FMI) en 2010 pour lui permettre d’arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo. 2011 à 2019, beaucoup d’eau a coulé sous le pont et les données ont changé. La grande confiance qui a motivé les occidentaux à prendre cette initiative s’est effritée d’année en année face aux déboires du pouvoir d’Abidjan. Violation des droits de l’homme, instauration d’un régime qui frise la dictature, montée de pauvreté, insécurité grandissante, une classe dirigeante dont l’enrichissement ces dernières années est parfois spectaculaire… Les rapports des institutions internationales à commencer par l’Union Européenne sur le régime d’Abidjan sont accablants. Un constat qui, pour les auteurs des différents rapports, a détérioré la relation de l’Union européenne avec la Côte d’Ivoire, affectée par le manque de dialogue politique.
Du coté des États-Unis, la maison blanche n’est pas du tout tendre avec le pouvoir d’Abidjan. Les intentions du président Ouattara pour un 3ème mandat, la réforme de la commission électorale indépendante, le problème de la réconciliation sont autant de sujets pour lesquels Donald Trump et son gouvernement mettent la pression sur les dirigeants ivoiriens. « « Ce n’est pas une bonne décision, le Président lui-même a dit en août 2015 qu’il ne se présentera pas. C’est quelque chose qui le condamne (…). Le monde regarde la Côte d’Ivoire et nous suivons le pays. Nous attendons tous les élections de 2020. Il faut que la CEI soit réformée pour que les élections soient libres et transparentes en 2020. Pour un souci de transparence, la CEI doit être réformée », avait interpelé le 11 février dernier le Sous-Secrétaire d’État américain aux Affaires politiques David Hale.
Face à toutes ces menaces et ces relâchements, le régime d’Abidjan cherche de nouveaux partenaires. Et c’est du côté du monde arabe que le président ivoirien semble avoir trouvé une oreille attentive. Avec l’appui de son ami Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara est en train de faire une incursion dans l’orient. Depuis quelques années, le président ivoirien et ses partisans multiplient les voyages en Arabie Saoudite et au Qatar pour se faire de nouveau partenaires. Soutenus le Roi Mohamed 6 du Maroc, les autorités ivoiriennes sont en train d’avoir gain de cause. En effet, à travers la Banque Islamique du Développement, l’Arabie Saoudite finance plusieurs projets en Côte d’Ivoire.
Le nouveau 10 Juillet 2017, le président du groupe de la Banque Islamique de développement (BID), Dr Bandar Al Hajjar a présenté au chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, les différents projets en cours d’exécution en Côte d’Ivoire et financés par son institution à hauteur de 457 milliards FCFA. C’était en marge de la 44e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui se tient de lundi à mardi à Abidjan.
Le portefeuille en cours d’exécution est principalement concentré sur le secteur du transport pour un total de 590 millions de dollars soit 359 milliards FCFA et représente 59% du total des approbations. Il est suivi du secteur de l’eau et de l’assainissement avec 180 millions de dollars soit 108 milliards, de l’éducation avec 103 millions de dollars, environ 70 milliards FCFA, de l’agriculture et de la santé.


